Sahara oriental : Cet immense territoire chipé par le France au profit de l’Algérie


Exploitée depuis juillet 2022 par l’Algérie sans l’accord du Maroc, la mine de Gara Djebilet symbolise la trahison dont a été victime le Royaume dans le cadre de ce qu’on peut appeler affaire du Sahara oriental.

Gara Djebilet, à 140 kilomètres au sud-est de la ville de Tindouf, en plein Sahara oriental. Sous l’immense couche noire qui couvre ces plaines désertiques, se cache un véritable trésor naturel: la gigentesque mine à ciel ouvert de Gara Djebilet qui s’étend sur 130 kilomètres carrés, recelant dans ses entrailles des réserves de minerai de fer estimées à plus de 3,5 milliards de tonnes -dont 2 milliards exploitables- avec une teneur d’un peu plus de 58%.

Une richesse estimée à des dizaines de milliards de dollars, qui se trouve au coeur des tensions interminables entre le Maroc et l’Algérie. En juillet 2022, la voisine de l’Est a lancé en partenariat avec un consortium d’entreprises chinoises, les travaux d’exploitation de Gara Djebilet, après plusieurs tentatives infructueuses. Objectif: produire 3 millions de tonnes de minerai par an entre 2022 et 2025, avant de passer à 40-50 millions de tonnes/an à partir de 2026. De quoi transformer l’Algérie en un “acteur important” de l’industrie sidérurgique et métallurgique dans le monde et garantir son autonomie, avancent le gouvernement algérien , alors que le pays importe chaque année l’équivalent 10 milliards de dollars pour pouvoir couvrir ses besoins en fer et en acier.

Provocation envers le Maroc
Ces ambitions économiques irréalistes pour nombreuses raisons, notamment logistiques et technologiques, cachent derrière elles les véritables intentions hostiles de la voisine de l’Est envers le royaume. En annonçant en grandes pompes l’exploitation de Gara Djebilet, le régime algérien choisit la voie de la provocation et fait un pied nez à la convention signée à Rabat le 15 janvier 1972, portant sur la “coopération entre le Maroc et l’Algérie pour la mise en valeur de la mine de Gara Djebilet”.

Mais le problème ne se limite pas aux gisements de fer, puisque ces derniers ne sont que le symbole d’un différend plus profond: celui du Sahara oriental marocain, annexé petit à petit par la France à sa colonie algérienne dès la fin du 19ème siècle. Ce territoire, baptisé par les Français “Territoire du sud” puis “Département de la Saoura” en 1956, est divisé en une demi-douzaine de wilayas après l’indépendance. Il s’étend sur 789 000 km2, soit un peu plus de la superficie du Maroc (710 000 km2), ou un tiers de la superficie de l’Algérie actuelle.

Colomb-Bechar, Tindouf, Gourara, Tidikelt ou encore le Touat, des villes éparpillées dans le désert à des centaines de kilomètres l’une de l’autre, qui étaient jadis gouvernés par des représentants du Sultan du Maroc ou prêtaient allégeance à celui-ci. Par ailleurs, ces centaines de milliers de km2 regorgent d’ailleurs de richesses naturelles innombrables, et les gisements de Gara Djebilet. Entre les importantes ressources en eau souterraines, les minerais de hautes valeurs comme l’or, ou encore les réserves en énergies fossiles, le Maroc a tout intérêt à relancer le débat sur le Sahara oriental, à défaut à pouvoir le récupérer sur le court ou le moyen terme.

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