Intégrité territoriale : Le Sahara occidental marocain


L’Algérie elle-même reconnaît, à travers sa phraséologie officielle, la réalité des anciennes provinces sahariennes marocaines qu’elle a annexées…

N’en déplaise à l’Algérie, le Sahara oriental existe. Il peut bien être aujourd’hui sous sa souveraineté. Le président de l’assemblée populaire nationale (APN) algérienne peut bien fanfaronner et accuser les “comploteurs et leurs relais”. La vérité historique est, au final, ce qu’elle est, et si la voisine de l’Est disposait vraiment du moindre document attestant de l’algérianité de la région concernée, elle n’en serait pas aujourd’hui à noyer le poisson en assignant à d’innocents martyrs, que Dieu les ait en sa sainte miséricorde en cette veille du mois de Ramadan, l’usurpation de dizaines de milliers de kilomètres carrés d’une terre qui devrait effectivement être “pure” d’un tel forfait.

Du reste, on renverra à ce fameux mot de l’historien allemand Léopold von Ranke (1795-1886): “L’histoire est une science qui doit être écrite avec les faits, pas avec les sentiments”. Point barre. Ce qui est aussi intéressant, c’est que l’Algérie elle-même en fait reconnaît, à travers sa phraséologie officielle, la réalité des anciennes provinces sahariennes marocaines qu’elle a annexées. Ses responsables ne sont-ils pas les premiers à recourir à l’expression “Sahara occidental” pour faire référence aux actuelles régions de Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab, respectivement récupérées par le Maroc en novembre 1975 et août 1979? À quoi renvoiet- elle, en effet, exactement? Du fait qu’il s’agit d’un territoire situé à l’Ouest du Grand Sahara, ils sont, à cet égard, nombreux à croire que là se trouve la raison de l’appellation.

Cela tombe sous le sens, à moins de se rappeler qu’elle est, en vérité,... due au Maroc. Ainsi, c’est à la demande de ce dernier que ledit “Sahara occidental”, qui constitue avec la région d’Oued Noun le Sahara marocain actuel, a été inscrit, en décembre 1963, sur la liste des territoires non autonomes. Et le contexte, c’est justement le refus de l’Algérie de rétrocéder le Sahara oriental, alors que deux ans auparavant, en juillet 1961, le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), représenté par Ferhat Abbas, s’y était pourtant formellement engagé à Rabat: comme on le sait, la junte qui prend le pouvoir lors de la crise de l’été 1962 ira jusqu’à vouloir envahir les localités marocaines d’Ich et de Figuig, ce qui provoquera la guerre des sables. Dans l’esprit du Maroc, la Sakia El Hamra et l’Oued Ed- Dahab correspondaient, de fait, à l’“occident” de son Sahara historique.

C’est aussi l’occasion de se remémorer qu’au moment où, en mai 1973, le mouvement séparatiste du Front Polisario était fondé, le Maroc avait déjà dix ans d’avance sur le dossier, voire vingt-six si l’on prend comme coup de départ officiel du combat pour le parachèvement de l’intégrité territoriale nationale le discours du 10 avril 1947 à Tanger, du roi Mohammed V; le défunt monarque réitérera par ailleurs avec force en février 1958, dans sa célèbre adresse de M’hamid El Ghizlane, “l’unité du pays”, qui inclut naturellement l’ensemble du “Sahara marocain” (terme qu’il utilise lui-même). Et élément significatif pour ce qui s’agit du Sahara oriental, Mohammed V tempétera également en avril 1960 contre les essais nucléaires menés par la France à Reggane, que l’Algérie considère aujourd’hui comme sienne, après que le général de Gaulle lui-même l’en eût informé du fait qu’il lui reconnaissait, à l’évidence, son autorité au moins symbolique.

Mais pour revenir au versant occidental du Sahara marocain, on notera aussi que lorsqu’il est inscrit sur la liste des territoires non autonomes, c’est en même temps que l’enclave d’Ifni: après près de six ans de négociations avec l’Espagne ponctuées par le traité de Fès du 4 janvier 1969, celle-ci retourne fin juin 1969 à la “mère-patrie”. Elle ne verra pas sa récupération contestée pour deux raisons: de un, celle-ci avait été actée à un moment de réchauffement avec l’Algérie, avec notamment la rencontre du 15 janvier 1969 à Ifrane du roi Hassan II et du président Houari Boumédiène; de deux, d’un point de vue purement juridique, les institutions marocaines étaient en elles-mêmes à même d’assurer l’autodétermination des populations de ce qui forme actuellement la province de Sidi Ifni. Chose que met d’ailleurs en exergue l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie.

En avril 2014 à Dakhla, l’ancien chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, avait suggéré d’adopter l’appellation officielle de “Sahara occidental marocain” pour la Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab. Ne serait-ce finalement peut-être pas le meilleur moyen de renvoyer l’Algérie au vol dont ses généraux ont été coupables ?

Articles similaires