Sahara marocain: Que se sont dit Joshua Harris et les responsables de la diplomatie algérienne ?


C'est ce vendredi 8 décembre 2023 que le ministre des Affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, et le secrétaire général au sein du même département, Lounès Magramane, recevaient dans leurs bureaux à Alger le secrétaire d'État adjoint américain en charge du bureau de l'Afrique du Nord, Joshua Harris. À cette occasion, les trois hommes ont eu des échanges dont tout ce que l'on sait est ce qu'en a dit le département d'État US, à savoir qu'il s'est agi de « se consulter sur les efforts partagés pour faire avancer la paix et la sécurité régionales, y compris une coopération renforcée pour garantir un processus politique réussi des Nations unies sur le Sahara occidental sans plus de retard ».


Des mots qui, en vérité, cacheraient une nouvelle pression de la part des États-Unis pour faire revenir l'Algérie aux tables rondes lancés en décembre 2018 à l'initiative de l'ancien envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara marocain, Horst Köhler ; à cet égard, on rappelle que c'est la deuxième fois en moins de trois mois que Joshua Harris se rend dans la voisine de l'Est, puisqu'il y avait déjà séjourné le 7 septembre 2023 dans le cadre d'une tournée régionale qui l'avait également mené au Maroc. Et à l'époque déjà, on avait rapporté, dans les médias de la région, que le diplomate américain avait mis sur le tapis l'importance de reprendre langue avec le Royaume, sous peine de laisser encore traîner plus qu'il n'en faut le processus de réglement du différend autour du Sahara marocain.

Par ailleurs, dans la conférence qu'il avait alors donnée aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à Rabat, Joshua Harris avait mis l'accent sur l'« esprit de réalisme et de compromis » qui devait impérativement caractériser toute solution politique au niveau des provinces du Sud ; ce qui, dans sa bouche, revenait à appuyer l'intiative pour la négociation d'un statut d'autonomie, la seule qui réponde au critère en question.

« Tout ce que font les responsables algériens maintenant, c'est de la fuite en avant. Ils savent pertinemment qu'ils doivent discuter avec le Maroc et qu'un soi-disant référendum d'autodétermination est tout-à-fait inenvisageable du simple fait qu'ils entravent toute tentative de recensement de la population séquestrée à Tindouf », indique, à Maroc Hebdo, un responsable diplomatique de la région.

En outre, un haut diplomate marocain, également joint par nos soins, « ose espérer » qu'en dépit de la fermeture de toute voie de dialogue avec elle depuis qu'elle avait décidé de façon unilatérale en août 2021 de rompre les relations avec le Maroc, l'Algérie reviendra à la raison et acceptera la main que lui tend depuis plusieurs années le roi Mohammed VI en vue de mettre en place un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. « Nous rassurons nos frères en Algérie, leur direction et leur peuple qu’ils n’auront jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc. Nous leur confirmons aussi tout le prix que nous attachons aux liens d’affection et d’amitié, aux échanges et aux interactions entre nos deux peuples », avait d'ailleurs souligné, dans son dernier discours du trône du 29 juillet 2023, le Souverain.

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