Sahara marocain: Vers une reconnaissance israélienne?

Israël sera-t-il le vingt-sixième pays à officialiser sa reconnaissance de la marocanité du Sahara? La déclaration faite ce lundi 28 mars 2022 au sommet du Néguev, organisé dans le désert éponyme par Tel-Aviv, par le ministre des Affaires étrangères israélien, Yaïr Lapid, peut le laisser croire, dans la mesure où il a condamné les “tentatives d'affaiblissement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc”. Il a également qualifié le changement de position de l’Espagne en faveur du plan d’autonomie de “développement positif

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui participait également à l’événement aux côtés de ses homologues américain, bahreïni, égyptien et émirati, a formulé le voeu pour que l’ensemble des responsables présents se rencontrent une autre fois “dans un autre désert”, sous-entendu celui du Sahara marocain. Ce qui impliquerait notamment qu’Israël aurait déjà reconnu ce dernier comme faisant partie du territoire du Maroc. Rappelons que dans l’interview qu’il nous avait accordée pour notre numéro du 14 janvier 2022, le chargé d’affaires israélien, David Govrin, avait ouvert la voie à une telle décision de la part de son pays, en déclarant que “la question de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara dépendra d’un accord entre les chefs de la diplomatie” du Maroc et d’Israël et qu’il “pens[ait] sérieusement que c’est un scénario envisageable”. Il avait toutefois précisé que “pour l’instant” les parties concernées étaient “concentré[e]s sur le développement des relations bilatérales”.

Selon différentes sources, Israël attendrait, en fait, que le Maroc décide de passer à l’étape des ambassades, en lieu et place des bureaux de liaison mis en place début 2021; ce qui ne serait qu’une question de temps. De fait, l’État hébreu pourrait alors même se doter d’un consulat dans les provinces du Sud. Perspective qui, soit dit en passant, ne devrait guère enchanter l’Algérie, qui depuis le rétablissement de leurs relations en décembre 2020, accuse le Maroc et Israël de comploter contre elle. Pour sa part, le Maroc avait établi, en 2018, que la voisine de l’Est permettait à l’organisation chiite libanaise du Hezbollah d’opérer dans les camps de Tindouf, dans la wilaya algérienne éponyme, pour y entraîner les milices du mouvement séparatiste sahraoui du Front Polisario, avec en plus le soutien de l’Iran (avec qui les liens avaient alors été rompus). Au cours de la visite qu’il avait effectuée en août 2021 dans le Royaume, M. Lapid avait lui-même fustigé le rapprochement de l’Algérie et de l’Iran.