Sahara Marocain: À son tour, le Polisario rejette les tables rondes

Le mouvement séparatiste sahraoui emboîte le pas à son maître algérien et ne souhaite pas prendre part au processus de paix onusien relatif aux provinces du Sud. Preuve surtout de l’isolement diplomatique dans lequel se trouve Alger.

Le régime algérien persiste et signe. Il continue de refuser catégoriquement de participer aux tables rondes auxquelles appelle le Conseil de sécurité pour trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au différend artificiel autour du Sahara marocain.

Après son soi-disant “envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental (sic) et des pays du Maghreb”, Amar Belani, qui avait invoqué, dans une déclaration en date du 12 octobre 2021 à l’agence Algérie presse service (APS), “l’instrumentalisation éhontée par la partie marocaine de la participation de l’Algérie aux précédentes tables rondes pour présenter fallacieusement [l’Algérie] comme étant partie à un conflit régional”, c’est au tour du secrétaire général du mouvement séparatiste du Front Polisario, Brahim Ghali, de lui emboîter le pas.

Ce dernier, dans une interview diffusée le 30 novembre 2021 sur la télévision algérienne, a également annoncé que les siens ne prendraient pas part aux tables rondes et s’est prononcé en faveur de négociations avec le seul Maroc, sans implication de l’Algérie et de la Mauritanie, que le Conseil de sécurité considère pourtant également comme des parties.

Négociations qui se tiendraient sous l’égide de l’Union africaine (UA) et qui impliqueraient que le Maroc se retire de son Sahara et en laisse le contrôle à la pseudo “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) au nom de laquelle le Polisario revendique la partie des provinces du Sud anciennement colonisées par l’Espagne. Le nouvel envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Staffan de Mistura, nommé le 6 octobre 2021, aurait, dans cette optique, pour seul objectif de mener à bout cet agenda séparatiste.

Processus de règlement
A entendre M. Ghali, certains seraient peutêtre tentés de croire que le Polisario et son maître algérien seraient en position de force, mais en vérité c’est davantage une preuve, une autre, de l’isolement dont ceuxci pâtissent. À cet égard, il a taxé le Conseil de sécurité de “manque d’une volonté (...) pour trouver une solution à [la] question [du Sahara marocain], se contentant de gérer le conflit”, ce qui est tout de même un comble à l’égard de l’institution sous l’égide de laquelle se déroule, depuis avril 1991, le processus de règlement.

Mais il faut dire aussi que c’est parce que ledit Conseil ne prête plus aucune attention à ses sornettes, notamment celle relative à l’organisation d’un référendum d’autodétermination dont on sait aujourd’hui l’impossibilité du fait du refus de la junte algérienne de recenser la population séquestrée dans les camps de Tindouf.

Sa dernière résolution, en date du 30 octobre 2021, a, dans ce sens, mis en exergue le sérieux et la crédibilité de l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie. Ce qui n’avait pas manqué de susciter l’ire, dans la foulée, de la diplomatie algérienne, qui l’avait qualifiée de “partiale”.