Sahara marocain: Le Polisario enrage du changement de position espagnol


La décision du gouvernement de Pedro Sanchez a mis le Polisario hors de lui.

“Unilatéral”, “illégal”: le Front Polisario n’a, pour le moins, pas avalé la pilule qu’est le changement de position du gouvernement espagnol, présidé par Pedro Sanchez, qui considère depuis le 14 mars 2022 l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara marocain comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour le règlement du différend autour de la région. Par voie de communiqué, le mouvement séparatiste a annoncé, ce samedi 9 avril 2022, “suspendre ses contacts avec [ledit] gouvernement (...), jusqu'à ce qu'il s'abstienne d'instrumentaliser” ce qu’il a qualifié de “cause sahraouie”. Pour lui, la décision du gouvernement Sanchez “légitim[e]” une soi-disant “annexion” et “confisqu[e] les droits” de la population du Sahara marocain “à l’autodétermination et l’indépendance”, et, “en tant que puissance administrante”, l’Espagne manquerait selon lui à ses “engagements”.

Le coup a, pour ainsi dire, été dur pour le Polisario et, surtout derrière lui, à son soutien algérien, qui depuis deux ans essuie les camouflets diplomatiques les uns après les autres, avec notamment la reconnaissance en date de décembre 2020 par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur les provinces du Sud. Quelques jours avant la décision du Polisario, l’Algérie avait d’ailleurs annoncé par le biais du président-directeur général de sa compagnie énergétique nationale de la Sonatrach, Toufik Hakkar, vouloir “procéder à un recalcul des prix” du gaz vendu à l’Espagne, officiellement en raison de la “crise en Ukraine”, mais à l’évidence à titre de mesure de rétorsion. Ce à quoi la voisine du nord n’avait pas répondu.

En ce qui concerne, en revanche, le Polisario, des “sources diplomatiques” ont confié à l’agence de presse officielle espagnole EFE, dans une dépêche publiée le dimanche 10 avril 2022, que le gouvernement Sanchez demeurait ouvert à des contacts, dans la mesure où “le dialogue est le meilleur moyen d'aborder les différences”, sans toutefois manifester l’intention d’un nouveau revirement. Le régime algérien et le Polisario devront sans doute se montrer plus créatifs s’il espèrent endiguer la vague actuelle de soutien envers le Maroc et son intégrité territoriale.