Sahara marocain: de Mistura "bientôt" encore au Maghreb

En visite au mois de janvier 2022 au Maghreb, où il s’était rendu en Mauritanie, en Algérie et au Maroc, les trois parties prenantes du différend autour du Sahara marocain, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Staffan de Mistura, s’apprête à effectuer “bientôt” une nouvelle tournée dans la région. Une information révélée par l’Agence France-Presse (AFP) et l’agence de presse espagnole EFE, qui l’ont obtenue de la propre bouche du concerné.

M. de Mistura n’en a pas dit plus, mais selon des sources médiatiques concordantes son objectif est de convaincre l’Algérie de revenir sur sa décision de ne plus prendre part aux tables rondes inaugurées début décembre 2018 par son prédécesseur, Horst Köhler, après qu’elle a prétexté que “cette option est désormais obsolète compte tenu de l’instrumentalisation éhontée par la partie marocaine de la participation de l’Algérie aux précédentes tables rondes pour présenter fallacieusement notre pays comme étant partie à un conflit,” comme l’avait déclaré, le 12 octobre 2021, son soi-disant “envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb”, Amar Belani.

Et la voisine de l’Est avait par la suite refusé de faire machine arrière, allant jusqu’à s’attaquer au Conseil de sécurité lui-même, sous l’égide duquel se traite le dossier du Sahara marocain, après qu’il a appuyé le format des tables rondes. Ce qui avait fait dire au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d’un point-presse à Rabat le 29 octobre 2021, qu’“aujourd’hui si l’Algérie a un problème, c’est avec la communauté internationale et avec le Conseil de sécurité qui a mentionné au moins à trois reprises la table ronde comme cadre exclusif pour la poursuite du processus et à cinq reprises a appelé l’Algérie à participer à ce processus”.

De son côté, M. de Mistura, dont le Maroc redoutait la possible partialité du fait de la position de la Suède, dont il porte la nationalité, plutôt favorable à la séparation du Sahara marocain, semble avoir compris maintenant qu’il occupe depuis plusieurs mois son poste qu’il n’est d’autre voie de sortie que l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie soumise par le Royaume en avril 2007. Il est d’ailleurs quasiment sûr qu’il s’est félicité en privé de la nouvelle position de l’Espagne qui considère désormais ce plan comme “la base la plus sérieuse, réaliste et crédible” pour la résolution du conflit saharien.

M. Belani, toujours lui, a vertement réagi ce 21 avril 2022 à ces informations en provenance de la péninsule Ibérique, assurant même que M. de Mistura “est le premier à affirmer qu’il a été très surpris par le changement de position de l’Espagne et qu’il redoute ainsi la remise en cause de sa propre mission par tout ce qui peut compliquer le processus onusien”. S’il le dit...