Le sahara Marocain dans les médias Américains

Un effort pédagogique à faire par le Maroc

Dans l’ensemble les principaux titres de presse US se sont contentés d’ânnoner les sempiternelles redites s’appuyant sur le soi-disant statut de territoire non autonome du Sahara.

Il faut le souligner d’emblée: si, pour le Maroc, la question du Sahara ne constitue pas seulement une question de vie ou de mort, mais bien plus que cela, elle reste secondaire aux États-Unis, qui viennent donc d’officiellement reconnaître, ce 10 décembre 2020, la souveraineté du Royaume sur la région. Et cela c’est notamment ressenti dans le traitement qu’ont fait les principaux médias américains de la décision afférente du président Donald Trump. Car qui dit secondaire dit aussi compréhension limitée, et dans l’ensemble lesdits médias se sont contentés d’ânnoner les sempiternelles redites s’appuyant sur le soi-disant statut de territoire non autonome du Sahara.

Sans compter que nombreux d’entre eux ont maille à partir avec M. Trump, qui tout au long de ses quatre années à la Maison-Blanche n’a cessé de les prendre à partie et de les taxer de “fake news”, ce qui fait que toutes ses décisions, même celles qui peuvent être justes comme celle ayant trait au Sahara, sont presque systématiquement attaquées.

Ainsi, le quotidien The New York Times, dans un article publié dans son édition du 10 décembre, a par exemple publié un article en apparence neutre mais loin de l’être en réalité, dans la mesure où il fait totalement l’impasse sur le point de vue marocain et se laisse aller à relayer la rhétorique séparatiste. Il y parle notamment d’“occupation marocaine”, sous-entend que l’installation de Marocains non- Sahraouis au Sahara depuis sa récupération en novembre 1975 est celle de colons et la qualifie d’“illégale”, et pour étayer son propos cite une universitaire du nom de Sarah Yerkes, connu dans les cercles de recherches américains pour son travail sur la Tunisie mais dont la compréhension du contexte marocain s’arrête à quelques articles loin d’avoir fait date.

The Washington Post a, lui, au moins, ce 15 décembre, cherché à ouvrir ses colonnes à quelqu’un qui s’est vraiment intéressé au sujet du Sahara, à savoir Stephen Zunes, auteur d’un livre en 2010 intitulé Sahara occidental, sauf que le concerné a une acception du conflit saharien plus que biaisée, et ce à partir de son background droit-de-l’hommiste revendiqué, et sa tribune est même allée jusqu’à faire un parallèle à s’étouffer entre la récupération par le Maroc de son Sahara et l’invasion irakienne du Koweït en août 1990. Il ne manquerait, dès lors, plus que les États-Unis fassent un remake de l’opération Desert Storm…

Acception biaisée
Le même jour que The Washington Post, on pouvait également trouver sur le site du mensuel Foreign Policy un texte de John Bolton, opposé de belle lurette au parachèvement par le Maroc de son intégrité territoriale et en même temps en croisade depuis la publication en juin dernier de son livre La pièce où c’est arrivé contre M. Trump, qui l’avait congédié en septembre 2019 du poste de conseiller à la sécurité nationale.

De fait, il semble avoir voulu faire d’une pierre deux coups en s’en prenant aussi bien au Royaume qu’à son ancien patron, qu’il traite ouvertement de “dilettante”. Le Maroc peut, bien évidemment, faire fi de ce que l’on dit de lui et de sa cause du moment que la position officielle américaine lui est favorable, mais en même temps un effort pédagogique est sans doute à faire car qu’on le veuille ou non le lectorat américain a son mot à dire, et il risque bien de baser son opinion sur des faits erronés.

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