Sahara Marocain: Le lobby Pro-Alger s'active outre-atlantique

Ancien envoyé dans les provinces sahariennes, Christopher Ross dévoile désormais pleinement ses cartes et démontre qu’il est bien, comme l’en accusaient les autorités marocaines, hostile à l’intégrité territoriale du Maroc.

Christopher Ross continue de prouver que le Maroc a eu bien raison de lui retirer en mai 2012 sa confiance du temps où il était envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans la région du Sahara, le diplomate américain ayant alors été accusé par le gouvernement Abdelilah Benkirane de “renoncement aux principes fondateurs des négociations tels que définis par les résolutions du Conseil de sécurité, et par sa ligne de conduite déséquilibrée et partiale dans de nombreuses situations”.

En effet, le nom de M. Ross se retrouve dans la liste des participants à une conférence organisée en ligne le 14 avril 2021 autour de la question de savoir si le président américain Joe Biden doit maintenir la reconnaissance US de la souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes. Question à laquelle, on le sait déjà, sa réponse est non, puisqu’il faut rappeler que quatre jours après cette reconnaissance, actée le 10 décembre 2020 par le prédécesseur de M. Biden, à savoir Donald Trump, M. Ross était sorti par la voie d’un communiqué pour dénoncer une “décision insensée et irréfléchie”.

Et l’Association du barreau de la ville de New York, qui organise la conférence, doit elle aussi savoir que le concerné ne pourra que tenir, au cours de l’événement, des propos à l’avenant, elle dont le tropisme favorable à la séparation du Sahara marocain est de notoriété publique -on lui doit notamment une “étude”, rendue publique en juin 2012, rejetant la marocanité de la région. D’ailleurs, outre M. Ross, l’organisation s’est aussi attelée à convier l’ancien conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, en l’occurrence John Bolton, tenant d’un point de vue à tout le moins similaire eu égard à l’intégrité territoriale du Maroc et auteur lui aussi, le 15 décembre 2020 sur le site du mensuel américain Foreign Policy, d’une tribune appelant M. Biden, une fois investi, à faire machine arrière.

Débat déséquilibré
Face à eux se trouvera, certes, l’ancien vice-conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush, Elliot Abrams, qui, dans un texte publié le 3 février 2021 sur le site du bimensuel américain National Review, avait qualifié la décision de M. Trump de “logique”, mais il sera néanmoins seul, avec de fait le risque d’un débat déséquilibré. Ce qui ne peut donc que laisser dubitatif, surtout quand on sait que la conférence intervient moins d’une semaine avant que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, soumette à la discrétion du Conseil de sécurité son rapport bisannuel sur la situation concernant le Sahara marocain.

M. Ross, qui niait en octobre 2019 dans une lettre au média électronique “Morocco World News” faire du lobbyisme pour la séparation du Sahara marocain, dévoile notamment de lui-même ses cartes, lui qui se préoccupe tant des “relations” des États- Unis “avec l’Algérie”, pour reprendre son suscité communiqué.

Communiqué qui, au passage, avait aussi confirmé que la voisine de l’Est est, et ce de l’aveu d’un ancien émissaire onusien en personne, partie prenante dans le conflit autour du Sahara marocain, contrairement aux assertions que tenait au cours de ses années de mandat, de janvier 2009 à mars 2017, celui qui fut également ambassadeur au tournant des années 1990 à Alger.