Sahara marocain: Pas d'ingérence américaine dans la position espagnole

Non, les États-Unis n’ont pas fait pression sur l’Espagne pour qu'elle change de position sur la marocanité de la région du Sahara. Leur ambassadrice dans la voisine du nord, Julissa Reynoso, a apporté un démenti clair et net aux rumeurs colportées notamment par le chef de l’antenne diplomatique russe en Algérie, Igor Belyaev, qui, dans une interview diffusée le 31 mars 2022 sur la chaîne algérienne Ennahar TV, avait sous-entendu que c’était l’oncle Sam qui avait été derrière ce qu’il avait qualifié de “revirement” espagnol. “Nous n'avons pas poussé l'Espagne à changer sa position sur le Maroc. L'Espagne a pris elle-même sa décision,” a assuré la diplomate américaine au quotidien La Vanguardia dans l’édition du 4 avril 2022 du quotidien ibérique.

Un propos qu’elle avait déjà tenu auparavant dans les médias d’outre-Gibraltar mais dont la propagande algéro-russe veut, à l’évidence, faire fi. Car si bien sûr les États-Unis ont, de par leur travail de médiation dans les coulisses, contribué à faire en sorte que le Maroc et l’Espagne aplanissent leurs différends et sortent de la crise qui les opposait à partir de l’hospitalisation du secrétaire général du mouvement séparatiste sahraoui du Front Polisario, Brahim Ghali, dans la ville espagnole de Logrono en avril 2021, c’est bel et bien le gouvernement Pedro Sanchez qui a décidé d’emboîter le pas à de nombreux autres pays qui, au cours des deux dernières années, se sont mis à officialiser leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

Au vrai, l’Algérie et la Russie semblent vouloir laisser circuler l’idée de l’existence d’un agenda américain en Afrique du Nord et que l’Espagne et même, éventuellement, le Maroc lui-même ne ferait qu’appliquer docilement. Un élément de propagande que la partie algérienne reprend à l’envi en ce qui s’agit notamment d’Israël, dont elle accuse le Royaume de servir de pied à terre depuis que ce dernier a rétabli ses relations diplomatiques avec l’État hébreu en décembre 2020. Il n’en reste pas moins que ce discours ne mange plus vraiment de pain et que, sur le terrain, le Maroc ne cesse plus d’accumuler les victoires diplomatiques consacrant son intégrité territoriale, que l’Algérie et la Russie le veuillent ou non...