Sahara marocain: IL FAUT EN FINIR

Le Maroc n’entend pas continuer à gérer des rendez-vous successifs sur cette question nationale sans que des progrès notables soient enregistrés.

La question du Sahara marocain va-t-elle avancer de manière significative dans la voie d’un règlement négocié sous les auspices des Nations-Unies? Cette interrogation subsiste encore à la veille de la discussion et de l’adoption d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité inscrite, pour le 29 avril 2019, à l’ordre du jour de cette haute instance onusienne. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita, en visite à Moscou, le 16 avril, a tenu à rappeler de nouveau la position marocaine.

Si le Royaume a fait montre jusqu’à présent d’une totale disposition à prendre part au processus onusien en cours, il n’entend pas continuer à gérer des rendez-vous successifs sur cette question nationale sans que des progrès notables soient enregistrés. Avec l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, en fonctions depuis septembre 2017, l’espoir existe que des avancées puissent se faire. Comment? Sur la base d’une méthode nouvelle tranchant avec le cycle dit de Manhasset (2008–2012), lequel après neuf rounds de négociations n’était finalement arrivé à rien de bien concluant.

Le diplomate allemand a ainsi tiré les conclusions qui s’imposaient et, après une visite dans la région, il a initié deux rencontres, les 5 et 6 décembre 2018, puis les 21 et 22 mars 2019 respectivement à Genève et dans la banlieue genevoise. Baptisées «tables rondes», ce furent là des opportunités pour un échange de vues entre les quatre parties. Le principe d’un troisième rendez-vous a été retenu au début de l’été. L’on ne peut que soutenir cet agenda et espérer qu’il ne donne pas lieu à des redites de la part du mouvement séparatiste et de son tuteur de toujours, à savoir l’Algérie.

Il faut en effet entrer, et de plain-pied, dans le fond du dossier. Le Maroc soutient depuis plus d’une décennie une solution de compromis, réaliste et durable. Sa position est constante et elle met en avant à cet égard le projet déposé par Rabat au Conseil de sécurité le 11 avril 2007, qualifié depuis cette date de «sérieux, crédible et réaliste». Elle écarte et rejette ce que mettent en avant l’Algérie et les séparatistes en réclamant la préparation et l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Or, cette procédure a déjà été écartée par le Conseil de sécurité en 2006 sur la base des rapports de Peter van Walsum, alors envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU parce qu’elle était «impraticable» et «irréalisable ». Son prédécesseur, James Baker, avait également fait ce même constat en proposant deux plans successifs.

Il faut donc en finir avec le dossier du Sahara marocain en instance devant l’Organisation mondiale depuis plus de quatre décennies –l’avis consultatif de la CIJ en date du 16 octobre 1975 et l’historique Marche verte du 6 novembre qui a suivi. La communauté internationale mesure les risques directs et indirects de la présente situation, en particulier pour la sécurité régionale dans l’espace sahélo-saharien. Elle met également l’accent sur le coût politique et économique généré par le blocage de l’édification du Maghreb par suite des relations entre Rabat et Alger et de la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays depuis 1994. Enfin, avec les résolutions 2414 et, plus encore, 2420 de la fin avril 2018, l’Algérie est responsabilisée de manière pleine et entière comme partie prenante et acteur principal et réel.

Un projet de résolution est à l’ordre du jour au Conseil de sécurité. Préparé par les Etats-Unis, il a été distribué aux autres membres du «groupe des amis du Sahara», à savoir la France, la Grande Bretagne, l’Espagne et la Russie. Il doit décider de la «semestrialité » ou non du mandat de la MINURSO et appuyer de nouveau la dynamisation du processus de règlement.


1 commentaire

  • Nasser

    1 Mai 2019

    Ce qui me laisse pantois c'est l'unanimité ressassée par la presse marocaine quant au fait que le règlement du conflit du Sahara occidental, aux conditions marocaines bien sûr, entraînerait automatiquement "l'édification du Maghreb" et l'ouverture des frontières algériennes!! Que ce soit le blocage de cette édification ou la fermeture des frontières n'a de relation directe avec ce conflit. À un certain moment il faut être réaliste et ouvrir les yeux: la construction maghrébine est tributaire d'un seul processus: la démocratisation des pays qui constitue cet ensemble régional. Tous. Aucun n'est dispensé. Parce qu'aucun ne l'est.

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