Différend autour du Sahara marocain: L'extrême gauche espagnole abandonne "le référendum" et l'"autodétermination"

Au Congrès des députés espagnol, le débat autour de la position inédite du chef de gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, sur la question du Sahara marocain a connu un revirement majeur mardi 5 avril 2022. La coalition Unidas-Podemos, la Gauche républicaine catalane et EH Bildu (Indépendantistes basques) a présenté, en plénière, une proposition de loi qui obligera le reste des groupes, opposés à la décision de Sanchez (que ce soit par les formes ou par le fond de la question), à la voter jeudi 7 avril, bien qu’ils aient déjà exprimé leur mécontentement lors des apparitions d’Albares et de Sanchez.

Le texte souligne que «seuls le dialogue, la négociation et l'accord menés de manière constructive et dans le respect du droit international permettront de parvenir à une solution politique juste, réaliste, viable, durable et mutuellement acceptable au Sahara», rapporte le quotidien espagnol Publico le 4 avril 2022.

Un changement de langage qui «signifie soutenir de facto la voie proposée par le Maroc, en abandonnant la base d’une solution politique mutuellement acceptable, telle que reflétée dans les résolutions de l’ONU», explique le journal Publico.

Le plus étonnant, c’est que dans cette proposition de loi proposée par l’extrême gauche ne figurent pas les habituels concepts de «référendum» et le «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination» que cette frange du champ politique espagnol avait depuis toujours prônés et défendus.

Ce changement majeur dans la position de la classe politique espagnole augure d’un tournant historique dans les relations des deux pays qui va être scellé lors de la visite de Pedro Sanchez jeudi 7 avril au Maroc, sur invitation du Roi Mohammed VI.