Sahara Marocain : L'extrême gauche espagnole n'avale pas la pilule

Les parties espagnoles hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc ne digèrent toujours pas le fait que le gouvernement Pedro Sanchez et, par là même, l’État espagnol considère depuis le 14 mars 2022 l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara marocain comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour le règlement du différend autour de la région.

Ancien deuxième vice-président du gouvernement et secrétaire général du parti d’extrême gauche de Podemos jusqu’à sa retraite consécutive à sa défaite aux élections à l’Assemblée de Madrid de mai 2021, Pablo Iglesias a tiré à boulets rouges sur M. Sanchez en qualifiant sa prise de position d’“immorale” et d’“inefficace”. Dans une sortie faite en même temps sur la chaîne La 2 et la station Radio 4, toutes deux espagnoles, il a estimé que M. Sanchez n’avait pas respecté ses engagements vis-à-vis du Sahara marocain. Ce qui, aux yeux de M. Iglesias, passe par la séparation de la région dans le cadre d’un soi-disant référendum d’autodétermination.

Pis, lui qui aime à se revendiquer de la gauche anti-impérialiste a mis l’accent sur le fait que les présides occupés de Sebta et Mélilia étaient pour lui espagnols, en soulignant que selon lui le Maroc ne renonçait pas à les revendiquer suite au changement de position de l’Espagne, et qu’au contraire le Royaume “a l’air de plus en plus puissant” et qu’il ne tarderait pas à accélérer la cadence. Une posture qui, toutefois, ne surprend pas, dans la mesure où l’hostilité de M. Iglesias à l’intégrité territoriale du Maroc est connue de longue date: il avait par exemple attaqué les Forces armées royales (FAR) suite à leur intervention du 13 novembre 2020 dans la zone tampon de Guergarate.

Qui plus est, Podemos avait appelé, en juin 2020, à la reconnaissance de la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) autoproclamée par le Polisario. Avec d’autres formations d’extrême gauche, le parti a d’ailleurs initié une motion au niveau du parlement pour condamner l’action de M. Sanchez, avec aussi l’appui du Parti populaire (PP), qui cherche dès à présent à faire son trou dans l’option de reprendre le pouvoir suite aux prochaines élections générales prévues en 2023. Adoptée par 168 voix pour et 118 contre, la motion n’est, toutefois, pas contraignante.