Le Sahara marocain. L'espace et le temps, de Hubert Seillan

L’argumentaire infaillible

L’auteur plaide pour que les prétentions les plus absurdes n’occupent plus les esprits.

Tout en empruntant les voies variées que lui offrent la géographie, l’histoire et le droit, Hubert Seillan tente de dessiner l’avenir de ce territoire marocain encore qualifié de «Sahara occidental». «L’avenir n’est autre, dit-il, qu’un jour qui pousse l’autre à l’infini». C’est dans cet esprit qu’il nous invite, à travers la lecture de ce livre riche et poétique, à dessiner ensemble ces «aujourd’hui» et ces demains du Sahara marocain.

Le territoire saharien marocain a toujours été envié, nous dit l’auteur. Et d’ajouter, envié, il l’a été plus encore à la fin de la période coloniale, quand l’Algérie et l’Espagne ont tenté de l’établir dans la forme d’un Etat, qui, ne pouvant être qu’artificiel, leur aurait permis de poursuivre la domination coloniale, mais, dit -il, la tentative a échoué. D’ailleurs il ne manquera pas de rappeler quelques faits saillants et des plus convaincants en soulignant qu’«il faut savoir que, depuis 1400 ans, le Maroc a été perçu dans le grand Ouest africain, comme une autorité spirituelle et politique.

Les liens coutumiers entre les hommes du Sud et du Nord sont si nombreux qu’ils rendent absurde l’idée même d’une identité saharienne distincte». Le Sahara marocain ne peut donc être compris en dehors du Maroc, affirme-t-il avec force. Certes, 2300 km entre Tanger et la Mauritanie réservent évidemment des particularismes locaux. Ceux du Sud sont proches, dit-il, de ce qu’était il y a peu encore la Californie.

Colonie espagnole jusqu’en 1976, la marocanité du Sahara, pourtant si fortement établie, fut contestée par l’ancienne puissance coloniale et par l’Algérie voisine qui ne visèrent ni plus ni moins que l’affaiblissement politique du Maroc, avec la création d’un Etat client à la Romaine. Cette coalition d’intérêts était cependant trop artificielle pour subsister. L’Espagne regardant vers l’Europe, son intérêt pour cette bande désertique faiblit.

Quant à l’Algérie, isolée, elle pensa que ce conflit ranimerait les braises de son nationalisme et, le communisme ayant disparu, des idéologies tiers-mondistes. En 2021, son échec est total, mais dans la suite de ses invectives et déclarations menaçantes, elle vient de rompre ses relations avec le Maroc.

Face à cette agitation, l’impérium des réalités parle. C’est celui-ci que l’auteur a souhaité conter dans ce livre, conçu comme un roman historique à connotation économique, sociale, culturelle, juridique et donc politique.