Sahara marocain: Blinken écoutera-t-il les dirigeants arabes?

Les dirigeants arabes sont clairs. Ils souhaitent que les États-Unis accélèrent le pas et ouvrent le consulat promis en décembre 2020 par l’administration Trump dans la ville de Dakhla, au Sahara marocain. Une information révélée ce 30 mars 2022 par le New York Times. Selon le quotidien américain, lesdits dirigeants ont mis le sujet sur le tapis lors de leurs échanges avec le secrétaire d’État US, Antony Blinken, au cours de la tournée qu’il vient d’effectuer du 26 au 30 mars 2022 en Israël, au Maroc et en Algérie.

De même, ils lui ont demandé que Washington se dote d’un consulat auprès de l’Autorité palestinienne dans la partie orientale de la ville d’Al-Qods, en prélude à une reconnaissance de la Palestine. Mais on le sait, M. Blinken a botté en touche. Si, au cours de son déplacement au Maroc, il a bel et bien discuté de la question du Sahara marocain avec son homologue, Nasser Bourita, c’est plutôt en des termes policés. Il a par exemple qualifié le plan d’autonomie marocain d’“approche potentielle” et non, comme l’Espagne le 18 mars 2022, de “la base”, même s’il a bien salué son sérieux et sa crédibilité.

Toutefois, on sait de l’agence de presse américaine AP, qui y a consacré une dépêche, que M. Blinken a appelé le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, au cours des entretiens qu’ils ont eus le 30 mars 2022, à “chercher à améliorer les relations avec le Maroc voisin” et, concrètement, à ne plus se mettre en travers du parachèvement par le Royaume de son intégrité territoriale. Ce qui amène à penser que l’administration Biden souhaiterait que la voisine de l’Est fasse d’abord machine arrière par rapport à son soutien au mouvement séparatiste du Front Polisario pour baliser le terrain pour une ouverture d’un consulat.

Il faut dire aussi que la partie algérienne maintient également la pression au sein des institutions américaines comme le Congrès, où elle compte d’importants relais comme le sénateur de l’Oklahoma, Jim Inhofe, et celui du Vermont, Patrick Leahy, ce qui fait que le président américain Joe Biden n’a pas vraiment les mains libres. M. Leahy, en particulier, a par exemple bloqué le financement du consulat au cours des discussions relatives au budget fédéral. Mais il va sans dire que le Sahara marocain en est sans doute à des développements décisifs semblant, pour le moins, largement favorables au Maroc.