Sahara marocain : l’autonomie sur les bons rails


Dans sa dernière résolution, le Conseil de sécurité de l’ONU a consacré la prééminence du plan marocain d’autonomie du Sahara comme seule et unique solution au différend régional. Cette victoire politique conforte la vision royale, qui s’appuie sur la dynamique de développement socio-économique des provinces du Sud.

Nous célébrons cette année le quarante-septième anniversaire de la Marche verte au moment où le processus de consolidation de la Marocanité du Sahara est entré dans une phase cruciale”. C’est par ces mots aussi réalistes que puissants que le Roi Mohammed VI a entamé son discours, le 6 novembre 2022, à l’occasion des célébrations de l’événement historique qui a permis au Maroc de récupérer ses provinces sahariennes.

Il faut dire que, depuis quelques années, et encore plus particulièrement depuis l’opération d’El Guergarate en novembre 2020, lorsque les Forces armées royales (FAR) sont intervenues pour mettre fin à la situation de blocage provoquée par quelques sympathisants du Polisario au niveau de ce point de passage hautement important sur les frontières entre le Royaume et la Mauritanie, la première cause nationale ne cesse de connaître des évolutions accélérées en faveur de la partie marocaine.

Dernier fait en date, l’adoption, le 27 octobre 2022 par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 2654, qui ne peut qu’être perçue comme une victoire diplomatique marocaine, aussi bien de par son contenu que par les réactions qu’elle a engendrées parmi les différentes parties concernées par le conflit, en l’occurrence le Maroc, le front Polisario, la Mauritanie et surtout l’Algérie. 

Adoptée par 13 voix pour et 2 abstentions -celles de la Russie et du Kenya-, cette nouvelle résolution réaffirme de nouveau que la solution à ce différend artificiel doit être politique, réaliste, pragmatique, durable, et basée sur le compromis. Un soutien à peine dissimulé de la communauté internationale au Plan d’autonomie présenté par Rabat, puisqu’il est la seule option répondant parfaitement à ces exigences, en plus de bénéficier de l’appui de plusieurs pays, dont certaines grandes puissances mondiales. Plus de 90 pays affichent un soutien “fort, clair et officiel” à l’initiative marocaine, et 30 autres pays ont ouvert des consulats généraux dans les villes de Laâyoune et Dakhla, en confirmation de la marocanité du Sahara, a réagi l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, après le vote de la résolution.

La bataille de l’ONU
Cette dernière constitue d’ailleurs, un énième rejet des chimères séparatistes du Polisario, et derrière lui Alger, de créer un État sur le territoire du Sahara marocain. Il est nécessaire dans ce sens, de rappeler que le “référendum d’autodétermination”, auquel le voisin de l’Est et son pantin séparatiste continuent de s’accrocher désespérément sans prendre en considération la donne actuelle, n’est plus mentionné par le Conseil de sécurité depuis 2001.

Outre les victoires sans appel de sa diplomatie dans les couloirs de l’ONU et ses différents appareils, Rabat a également réussi, ces derniers mois, à rallier plusieurs pays clés à sa cause. Il faut citer à ce titre l’Espagne, qui de par de son passé colonial dans la région, et son implication dans le conflit à plusieurs niveaux depuis son déclenchement, demeure un joueur important. Ainsi, pour la première fois, le Maroc célèbre la Marche verte alors qu’il jouit de la reconnaissance par Madrid de sa souveraineté sur le Sahara, suite au retour à la normale des relations entre les deux pays, en mars 2022, et la confirmation par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, que le Plan marocain d’autonomie est la seule solution à ce conflit.

Le monde soutient le Maroc
D’autres pays européens ont emboîté le pas au voisin ibérique, notamment l’Allemagne, dont les nouvelles positions revêtent un intérêt particulier au vu de son poids important en Europe, et surtout la trajectoire de ses liens avec le Maroc sur ces dernières années. Rabat avait en effet décidé, en mars 2021, de suspendre ses relations avec Berlin, alors que cette dernière multipliait les actions aussi hostiles qu’incompréhensibles à l’égard de l’intégrité territoriale du Maroc. Un malentendu qui a pris fin un an plus tard, avec la reprise de la coopération entre les deux pays, puis la reconnaissance, en août 2022, par l’Allemagne du Plan d’autonomie “comme un effort sérieux et crédible du Maroc et comme une bonne base pour une solution acceptée par les deux parties”.

Ils sont actuellement une douzaine de pays européens à soutenir ouvertement l’initiative marocaine. C’est le cas, par exemple, de la Belgique, qui a affirmé, le 20 octobre 2022 à Rabat, par le biais de sa ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, soutenir la négociation d’un statut d’autonomie dans les provinces sahariennes. Les deux autres États du Benelux, à savoir les Pays-Bas et le Luxembourg, ont émis des déclarations similaires. Prenant part, le 11 mai 2022 à Marrakech, au sommet interministériel de la coalition mondiale contre Daech, le chef de la diplomatie néerlandaise, Wopke Hoekstra, avait qualifié de “contribution sérieuse et crédible” le plan d’autonomie marocain. Son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, avait adopté le même discours lors de sa visite à Rabat le 4 octobre 2022. Le Luxembourg considère, en effet, le plan d’autonomie présenté en 2007 comme un “effort sérieux et crédible du Maroc et comme une bonne base pour une solution acceptée par les parties”. À ces pays s’ajoutent Chypre, la Hongrie, la Roumanie, le Portugal et la Serbie, qui ont exprimé des positions similaires depuis 2020.

Au fur et à mesure que le Maroc collectionne les percées diplomatiques dans le dossier du Sahara, l’Algérie se retrouve, quant à elle de plus en plus isolée et incapable de convaincre qui que ce soit, au sein même de son entourage le plus proche. L’échec cuisant du 31e Sommet de la Ligue arabe a en effet mis Alger devant ses propres contradictions: un pays qui prétend vouloir unir la famille arabe, en proie à d’éternelles divisions, alors qu’il fait tout pour nuire aux intérêts de certains membres de cette même famille, comme le Maroc en soutenant le Polisario, ou les pays du Golfe et l’Égypte en se rapprochant dangereusement de l’Iran et de l’Éthiopie. 

En Afrique, seul le traditionnel allié sud-africain d’Alger s’entête encore à soutenir les thèses algériennes, alors que le langage des intérêts communs et des aspirations au développement fait pencher nettement la balance en faveur de Rabat. Le pharaonique projet du gazoduc Nigeria-Maroc, mentionné par le Roi Mohammed VI dans son discours du 6 novembre 2022, qui profitera à toute la région de l’Afrique de l’Ouest est ses presque 500 millions d’habitants, sera la pierre angulaire de cette stratégie gagnant-gagnant, en opposition aux manœuvres algériennes dans le continent, animées par des doctrines obsolètes.

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