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Sahara marocain: L’appui en sous-main de la Mauritanie

Voisinage oblige, le ministre des Affaires étrangères mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, ne pouvait éluder la question du Sahara marocain dans son intervention de ce 26 septembre 2022 à la tribune de la 77ème session de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Renvoyant à une position “constante” de son pays, il a fait part du soutien de la Mauritanie aux “efforts” onusiens et aux résolutions du Conseil de sécurité, lesquelles résolutions ont été qualifiées de sa part de “pertinentes”. Ce qui donne de prime abord l’impression que la voisine du sud cherche à couper la poire en deux, d’autant que le 14 septembre 2022 son ministre des Transports et porte-parole de son gouvernement, Nani Ould Achrouga, avait carrément fait référence au texte de paix signé en août 1979 avec le mouvement séparatiste du Polisario et qui avait acté le retrait mauritanien de la région de Oued Ed Dahab, cependant que le propos de M. Ould Merzoug semble aussi comporter un alignement en filigrane sur le Maroc.

En effet, le responsable a insisté sur le fait que dans le sillage de la littérature de l’ONU, Nouakchott estimait que la solution au différend autour du Sahara marocain se devait d’être “durable et acceptée par tout le monde”, ce qui implique de fait qu’elle soit négociée comme il en est du plan d’autonomie proposé depuis avril 2007 par le Royaume et, sur le plus court terme, la relance du processus des tables rondes stoppé net depuis mars 2019 du fait du refus de l’Algérie et, sur ses ordres, du Polisario d’y prendre de nouveau part. Ainsi, le désormais ancien “envoyé spécial” algérien “chargé de la question du Sahara occidental (sic) et des pays du Maghreb”, Amar Belani, avait argué avant le vote de la dernière résolution afférente d’octobre 2021 du Conseil de sécurité d’une prétendue “instrumentalisation éhontée (...) de la participation de [son pays] aux précédentes tables rondes pour [le] présenter fallacieusement (...) comme étant partie à un conflit régional”, et la voisine de l’Est ne cesse depuis lors d’insister sur la tenue d’un référendum d’autodétermination qu’à l’ONU même d’aucuns savent qu’elle est irréaliste (à commencer par l’ancien envoyé Peter van Walsum, qui avait lui-même fait usage de ce dernier qualificatif en avril 2008).

En raison de son rapprochement avec le Maroc, palpable depuis août 2019 déjà et l’investiture du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la Mauritanie avait, pour rappel, fait l’objet d’attaques de la part du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lui-même en mars 2022 lors de sa litanie face au secrétaire d’État américain Tony Blinken, fuitée dans la foulée. Il avait alors dit d’elle qu’elle n’était “pas très forte”.

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