Sahara Marocain: Alger doit prendre part aux tables rondes, tranche l'ONU

Malgré l’opposition de la voisine de l’Est, qui cherche à ne plus être reconnue comme partie prenante, celle-ci devra bel et bien participer aux tables rondes relatives aux provinces du Sud avec le Maroc, au risque de se voir encore plus isolée qu’elle ne l’est déjà actuellement à l’international.

Le régime algérien devra bel et bien faire contre mauvaise fortune bon coeur. Son refus de participer aux tables rondes organisées par l’Organisation des Nations unies (ONU) dans le cadre du processus de règlement du différend régional du Sahara marocain s’apprête à être balayé par le conseil de sécurité, qui doit aborder la situation concernant les provinces du Sud le 31 octobre 2021.

Ainsi, la première mouture de la résolution que doit adopter à cette occasion ledit conseil et qui est due, comme c’est le cas chaque année, à la diplomatie américaine, met l’accent sur la nécessité de reprendre ces tables rondes qu’avait mises en place au cours de son mandat le précédent envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler. Et ce, en mettant à contribution l’ensemble des parties prenantes, y compris l’Algérie, qui, malgré qu’elle finance, abrite, arme et soutient diplomatiquement le mouvement séparatiste du Front Polisario depuis le début du conflit en novembre 1975, refuse d’être désignée en tant que telle.

“Option obsolète”
Ce terme de “partie” est d’ailleurs utilisé ouvertement par le conseil de sécurité à l’endroit de la voisine de l’Est depuis sa résolution du 28 avril 2017, et c’est justement pour y échapper que la diplomatie algérienne avait par le biais de son “envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental (sic) et des pays du Maghreb” et anti-marocain notoire, Amar Belani, fait savoir qu’elle considérait que les tables rondes onusiennes n’étaient “plus à l’ordre du jour”.

“Cette option est désormais obsolète compte tenu de l’instrumentalisation éhontée par la partie marocaine de la participation de l’Algérie aux précédentes tables rondes pour présenter fallacieusement notre pays comme étant partie à un conflit régional,” avait-il, ainsi, dénoncé, non sans contredire donc les propres résolutions du conseil de sécurité.

Certes, l’Algérie pourra toujours se refuser à participer aux tables rondes, mais cela viendra alors confirmer qu’elle est la véritable partie à l’origine du blocage, après avoir déjà fait échouer par le passé les négociations dites de Manhasset, tenues jusqu’à mars 2012 dans la localité américaine éponyme. Tout comme la stratégie de la tension qu’elle adopte depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019, avec des menaces de guerre désormais non voilées et au Sahara marocain particulièrement la rupture unilatérale de l’accord de cessez-le-feu du 6 septembre 1991 par le Polisario, a complètement mis à nu ses noirs desseins régionaux -auxquels n’échappent pas d’autres de ses voisins comme le Mali par exemple, terreau fertile pour la propagation des organisations jihadistes menées généralement par des ressortissants algériens proches des services de renseignements de leur pays. M. Belani peut donc bien aller se faire cuire un oeuf...