Sahara marocain: La communauté internationale a décidé

Il faut donc comprendre l’ire de la voisine de l’Est, qui voit, au fur et à mesure, la vérité éclater au grand jour.

Le Conseil de sécurité a, finalement, voté. Le 31 octobre 2021, il a, sans surprise, acté la prolongation pour une année supplémentaire de la Minurso, la mission de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Sahara marocain. Mais pas que. Tout d’abord, pas encore de référence, et ce pour la vingtième année consécutive, à l’organisation d’un référendum dans la région. Preuve, s’il en fallait de nouveau, que la communauté internationale considère définitivement celui-ci comme “irréaliste”, pour reprendre le mot de l’ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Peter van Walsum.

Et qu’elle penche, en l’espèce, plutôt pour l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie, qualifiée notamment de “base sérieuse et crédible de discussion en vue de la reprise du dialogue” par la France et les États-Unis, auteurs, soit dit en passant, du texte de la résolution. Mais surtout, le Conseil de sécurité a, pour la septième fois de suite, considéré l’Algérie comme une partie du conflit. Ce qui est important à souligner, car une partie du récit propagé par cette dernière veut qu’elle ne fasse que soutenir un soi-disant “peuple sahraoui” dans son soi-disant droit à l’“autodétermination”, alors même que c’est elle qui a créé de toutes pièces le différend du Sahara marocain et qu’aujourd’hui encore elle finance, abrite, arme et soutient diplomatiquement le mouvement séparatiste du Polisario. Et de fait, de nombreux observateurs non-avertis croient que les provinces du Sud font vraiment l’objet d’un processus de décolonisation -processus de toute façon achevé depuis le départ de l’Espagne, en vertu des accords de Madrid, en novembre 1975.

Il faut donc comprendre l’ire de la voisine de l’Est, qui voit, au fur et à mesure, la vérité éclater au grand jour. Celle-ci a, ainsi, fait savoir par le biais de son “envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental (sic) et des pays du Maghreb”, Amar Belani, qu’elle n’avait plus l’intention de s’impliquer dans le processus de règlement et, concrètement, de prendre part aux tables rondes qu’avaient lancées, en décembre 2018, l’ancien envoyé personnel, Horst Köhler. Le 12 octobre 2021, M. Belani avait, à cet égard, dit que pour son pays, ces tables rondes n’étaient “plus à l’ordre du jour”. Avant donc d’être repris par le Conseil de sécurité; ce qui fait que comme a réagi le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, après l’adoption de la nouvelle résolution, désormais “le problème est entre l’Algérie et la communauté internationale”.

La partie algérienne n’a, de ce fait, que deux choix: soit elle persiste à se dédouaner, et dans ce cas elle s’isolerait encore davantage, sachant qu’elle ne trouve maintenant plus que la Russie, son premier fournisseur d’armement, pour la soutenir; soit elle ferait machine arrière et reconnaîtrait explicitement qu’elle est partie prenante au Sahara marocain. Et inutile de dire que la proposition du 8 août 2021 du président algérien Abdelmadjid Tebboune d’accueillir à Alger des “pourparlers” entre le Maroc et le Polisario est, au mieux, digne de l’humour de la chaîne de télévision algérienne Echorouk TV quand elle veut caricaturer le roi Mohammed VI -c’est-à-dire insipide-, et au demeurant le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, n’a même pas daigné l’inclure dans son rapport.

Dans sa réaction à la résolution du Conseil de sécurité, le ministère des Affaires étrangères algérien n’a rien trouvé de mieux que de la qualifier de “partiale”. Et aussi, point à signaler, il a indiqué que “l’Algérie attend du nouvel envoyé personnel du secrétaire général” de l’ONU, c’est-à-dire Staffan de Mistura, “qu’il inscrive strictement son mandat dans la mise en oeuvre de la résolution 690 portant le plan de règlement” mis sur le tapis en novembre 1988 par l’ancien secrétaire général Javier Pérez de Cuellar.

Comme s’il n’y avait pas eu entre-temps Houston, les différents plan Baker et Manhasset, et comme si le régime algérien n’était pas conscient que contrairement à ce que l’on pensait au moment de l’adoption de la résolution 690 en avril 1991, et ce que pensait le Maroc lui-même à partir du sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de juin 1981, un référendum est impossible à tenir, pour la simple raison que personne n’est en mesure de définir exactement le corps électoral appelé à voter -en grande partie, il faut le dire, à cause du refus algérien de faire recenser les populations séquestrées dans les camps de Tindouf.

Mais tout semble fait, hélas, pour perpétuer une fuite en avant qui, visiblement, n’a pour seul objet que de retarder la concrétisation de l’unité maghrébine, et au niveau algérien en particulier, la fin d’un système politico-militaire en mal de légitimité...

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