Saâd Abid plébiscité par le département américain

PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Le Marocain Saâd Abid, fondateur de l’Association Bahri, a été sacré lauréat de la décennie pour l’innovation sociale et le changement par le département d’Etat américain. Une belle consécration qui récompense son engagement de plus de dix ans pour la protection de l’environnement au Maroc.

En créant l’association Bahri en octobre 2010, Saâd Abid était probablement loin d’imaginer que son initiative allait eu autant des échos au point d’être plébiscité à l’international. Ce Marocain, très engagé dans la préservation de l’environnement, est lauréat du prix International Professional Visitor Program (IVLP) de la décennie pour l’innovation sociale et le changement décerné par département d’Etat américain, devenant ainsi le premier Marocain et africain recevoir cette prestigieuse distinction qu’il partage avec la panaméenne Raisa Banfield.

«C’est l’aboutissement de plus de dix ans de bénévolat et de travail associatif au sein de l’association Bahri. Cette consécration me fait énormément plaisir. Cela démontre que tout ce qu’on fait au Maroc résonne positivement au-delà de nos frontières et cela nous motive à faire encore plus pour notre pays», nous confie-t-il. Cerise sur le gâteau, le double champion du Maroc de surf a reçu les félicitations de John Kerry, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat, à travers un message vidéo. «Je suis reconnaissant de savoir qu’il y a des leaders prometteurs comme vous dans ce combat», affirme le diplomate américain.

75.000 kg de déchets collectés
Cette belle consécration récompense les nombreuses actions initiées par Saâd à travers son association Bahri qui signifie «ma mer» en arabe, qui oeuvre pour la protection de l’environnement. «Etant proche de l’océan depuis que j’avais 7-8 ans, j’ai toujours voulu protéger les océans. Après dix ans d’études à Montréal, où je faisais du bénévolat, je suis revenu au Maroc pour m’impliquer dans cette cause», expliquet- il.

Outre sa casquette de sportif, Abid est également un créateur de contenus sur les réseaux sociaux, où il est suivi par plus de 400.000 personnes. Un outil digital qu’il exploite pour faire adhérer cette vaste communauté à sa cause. «Mon objectif, c’est de pousser cette communauté, en particulier les jeunes, à s’engager pour la sauvegarde de l’environnement, à travers notamment des opérations de nettoyage des plages».

Un pari réussi, puisque l’association a pu impliquer 32.000 personnes dans la collecte de 75.000 kg de déchets dans les plages situées à Casablanca, Rabat, Kenitra, Bouznika, Laâyoune et Dakhla. Beaoucoup d’entre eux ont aussi participé à deux visites organisées dans des usines de recyclage à Casablanca pour connaitre le processus de traitement, le recyclage et la durée de vie des déchets. L’association a aussi organisé plusieurs activités sociales en faveur des enfants défavorisés. «Pour moi, un créateur de contenus ou un leader d’opinion sur les réseaux sociaux doit impliquer les jeunes à s’engager pour le développement de leur pays. Je ne me considère pas comme un influenceur, mais plutôt comme un inspirateur», souligne-t-il.

Saâd et son staff se lancent dans de nouveaux défis. Depuis septembre 2020, ils travaillent avec des étudiants ingénieurs de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) sur la création du premier robot-nettoyeur de plages de micro-déchets. «Ce projet a d’ailleurs été sélectionné parmi une centaine de candidatures dans le monde, et ces étudiants iront le présenter pour l’obtention de financements qui permettront de le développer».

L’autre projet, c’est la création d’une unité de tri et de recyclage qui favorisera l’inclusion de dix jeunes sans emploi qui seront formés en tant qu’agents de recyclage et qui travailleront avec des entreprises partenaires avec un grand embouteilleur à Tanger. Une fois ces déchets triés, l’association les collecte et les recycle avec un autre partenaire basé dans la ville du détroit. Deux nouveaux challenges pour sauvegarder l’environnement.