Fermeture des villes: les routes et gares prises de panique et de chaos

La décision de fermer plusieurs villes, dimanche 26 juillet à partir de minuit, a créé un énorme vent de panique auprès des Marocains qui se sont rués sur les routes et gares routières et ferroviaires.

Mais quelle mouche a piqué le gouvernement? Annoncer la fermeture de plusieurs villes, dimanche 36 juillet à minuit, près de 6 heures avant l’application de cette décision? Ne sont-ils pas conscients du vent de panique que cette annonce allait générer? Les Marocains sont restés pantois hier par tant «d’amateurisme dans la prise de décision», lit-on sur les réseaux sociaux.

Une décision de dernière minute hasardeuse et improvisée, dangereuse, anarchique, irresponsable et irrespectueuse envers les Marocains, pourrait-on lire. Les photos et vidéos de files interminables dans les autoroutes, des scènes d’exode, des ruées vers les gares routières et ferroviaires, d’encombrement, d’embouteillage et malheureusement d’accidents, des dizaines, voire des centaines d’accidents routiers causés par l’afflux massive de milliers d’automobilistes les minutes qui ont suivi cette annonce.

Des vidéos de voitures brûlées, des scènes de chaos, de manifestations, de gens marchant des kilomètres, de désarroi et beaucoup d’inquiétude, et puis, ce post Facebook ce matin, affichant la photo de ce jeune décédé hier lors d’un accident. L’hécatombe routière a fait ses premières victimes et on parle de plusieurs cas de décès. Nous n’en saurons pas plus.

En voulant limiter les déplacements lors de la période de l’Aïd Al Kebir de peur de l’apparition de foyers épidémiques, le gouvernement n’aurait-il pas causé l’inverse? Le délai de minuit n’a fait qu’aggraver les choses, augmenter le cas de contamination au niveau des gares routières et causer un vent de panique inouïe et un carnage routier. Ne serait-il pas judicieux d’annuler carrément cette fête? Feu le Roi Hassan II l’a pourtant fait, on s’en rappelle, en 1963, 1981 et 1996, et pour des raisons, jugées par certains observateurs, moins graves que la situation qu’on traverse actuellement.

Ou bien les intérêts du lobby des grands éleveurs seraient prioritaires? En tout cas, ce qui est sûr, ce sont les plus vulnérables qui vont «trinquer». Et ils étaient nombreux hier à la gare Ouled Ziane, désabusés, cherchant désespéramment leur billet, leur sésame pour rejoindre leurs familles. «J’ai payé 300 dirhams pour un billet qui ne coûte normalement que 60 dirhams. Le rabatteur que j’ai payé n’est plus revenu. Je me suis fait arnaquer ». «J’ai payé 1.000 dirhams. J’ai puisé dans mes économies que je devais ramener à ma famille au bled». «Ca fait 3 heures que j’attends du transport. Je ne sais plus quoi faire. Toute ma famille est à Marrakech». «De Rabat à Meknès, j’ai dû débourser pas moins de 800 dirhams».

De la colère et du désarroi, ceux qui devaient voyager en cette période ont été, le moins que l’on puisse dire, victimes des spéculateurs et marchands du désespoir. Aucun contrôle sur les prix ou de mesures sanitaires. Ne fallait-il pas acter la décision tout de suite ou bien donner un délai de 48 heures au moins? N’aurait-il pas été plus intelligent d’ouvrir les péages au niveau des autoroutes pour les désengorger? autant de questions qui restent sans réponse. Les Marocains, eux, se souviendront longtemps de ces scènes de panique dignes d’un film d’apocalypse.


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