En route vers la légalisation de l'or vert

Adoption du projet de loi sur l’usage médical et industriel du cannabis

Le projet de loi sur l’usage médical et industriel du cannabis a été adopté mardi 8 juin par la Chambre des conseillers. Etape ultime avant son entrée en vigueur.

Ça sent bon pour la légalisation du cannabis au Maroc. Après l’aval du projet de loi sur l’usage de cette plante à des fins thérapeutiques et industrielles mercredi 26 mai 2021 par la Chambre des représentants, leurs collègues de la Chambre des conseillers ont donné leur feu vert, lors d’une séance plénière qui s’est déroulée mardi 8 juin. Comme ce fut le cas lors de son passage à la première chambre, ce texte a été adopté par la majorité des groupes parlementaires, soit 42 voix contre 11.

D’après les députés, cette loi permettra de «réglementer et encadrer juridiquement la culture et l’usage du cannabis à des fins médicales et industrielles». Cette approbation constitue l’ultime étape de ce marathon parlementaire avant l’entrée en vigueur de cette loi tant attendue, qui devrait être validée prochainement par la Cour constitutionnelle avant d’être publiée au Bulletin officiel.

On assiste donc à une véritable accélération des procédures, trois mois après son adoption en Conseil de gouvernement. Une bonne nouvelle, surtout pour les milliers d’agriculteurs qui s’activent dans la culture du cannabis.

Des potentialités économiques énormes
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, l’a d’ailleurs souligné lors de son vote à la première chambre, en indiquant que ce projet considère l’agriculteur comme la pierre angulaire de ce chantier en lui permettant d’avoir une autorisation délivrée par l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au chanvre indien. Il prévoit également de regrouper ces derniers en coopératives pour leur permettre de signer des contrats avec les industriels, et de veiller à la protection de leurs droits.

Pour rappel, son département avait présenté, mardi 4 mai, devant la commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales et de la politique de la ville de la première chambre, les résultats d’une synthèse d’études de faisabilité sur la légalisation du cannabis, son potentiel économique et les atouts du Maroc.

Lequel document avait révélé qu’environ 400.000 personnes s’activent actuellement dans la culture illégale du cannabis au Maroc, soit près de 60.000 familles, avec des niveaux de revenus qui varient entre 16.000 et 75.000 dirhams par an et par ha pour les terres irriguées et fertiles, en fonction de la qualité du sol, du rendement de la plante et de l’abondance des ressources en eau. Des agriculteurs pourraient avoir un revenu annuel net 110.000 dirhams par hectare après la légalisation du cannabis.

Le ministère avait également dévoilé la stratégie d’exportation du futur «or vert» marocain, avec comme pays prioritaires l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, et l’Allemagne, grâce à leur législation actuelle dans ce domaine. Objectif: réaliser des revenus annuels de 25 milliards de dollars par an en 2028. Le Royaume ciblera aussi les marchés français et italien pour atteindre la barre des 42 milliards de dirhams, avait-il souligné.

L’impact économique du cannabis légal n’a pas été omis par ce rapport qui indique que le marché mondial du cannabis thérapeutique a connu une croissance de 30% et devrait même atteindre les 114,2 milliards de dollars en 2028. Des chiffres qui augure de belles perspectives pour l’économie marocaine.