COMME LE ROSEAU EN PLEINE TEMPÊTE

L’ONDE DE CHOC ÉCONOMIQUE N’EST PAS ENCORE FINIE, ET ÇA RISQUE DE PERDURER EN 2021

Face à la tempête provoquée par la pandémie du coronavirus, l’économie, telle un roseau, n’a d’autre choix que de se plier en attendant que la tempête passe. Pour l’instant, la tempête est toujours là. Tous les observateurs avertis considèrent qu’on est à un tournant de l’épidémie. On est passés d’une circulation qu’on espérait contrôler en traçant le virus, à une circulation active qu’on ne peut plus tracer et où le virus circule de plus en plus. Au plan mondial, le nombre quotidien de contaminations a atteint un nouveau record avec 307.930 cas en une seule journée, a rapporté dimanche 13 septembre 2020 l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de morts accumulé étant de 921.097.

Au Maroc, le nombre quotidien de nouvelles contaminations au coronavirus a atteint des niveaux inquiétants. Quant au nombre de décès, il augmente dramatiquement. Face à cette situation de dégradation manifeste, certains Etats ont annoncé un nouveau confinement. Chez nous, les responsables gouvernementaux multiplient, par contre, les mesures sanitaires tout en écartant l’hypothèse d’un nouveau confinement généralisé.

Pendant que la pandémie perdure en ces temps de dé-confinement, l’activité économique, elle, est presque à l’arrêt. Aucun signe d’une véritable relance de l’économie ne transparaît et aucune orientation de politique budgétaire ou monétaire ne présage d’un relèvement substantiel des activités. Dans nombre d’Etats, les règles de prudence budgétaire en matière de déficit et d’endettement ont été ponctuellement abandonnées face à l’urgence sociale et la préservation de l’emploi. Les réponses apportées par notre gouvernement lors des premières semaines de la crise ont permis d’atténuer les effets.

Aujourd’hui, il s’agit d’avoir la même réactivité pour la relance de l’économie et y mettre les moyens, sinon la situation économique continuera de se dégrader. Aujourd’hui, ce qu’on peut dire, c’est que la situation économique ne s’améliore guère avec l’explosion inattendue des cas de Covid et les restrictions imposées par les autorités dans certaines régions et villes. C’est l’incertitude qui règne. Tous les observateurs croyaient, au début, que cette crise allait s’estomper, comme partout dans le monde.

Des scénarios de sortie de crise étaient établis, mais aucune prévision ne semble tenir aujourd’hui. C’est le cas au Maroc comme partout dans le monde. Dans cet environnement incertain, aucun secteur, aucune entreprise, ne seront épargnés par cette crise. La différence entre secteurs résidera seulement dans l’intensité de l’impact. Mais les répercussions seront globales sur l’ensemble du tissu économique national. L’onde de choc n’est pas encore finie, et ça risque de perdurer en 2021.

Bien qu’il soit très difficile de faire des prévisions, certains secteurs seront plus touchés que d’autres. À commencer par le secteur industriel, dont les locomotives à l’export sont frappées par l’arrêt des métiers mondiaux et la baisse de la demande mondiale. Le textile est fortement perturbé. Le tourisme, n’en parlons pas. L’offre souffre toujours. Quant au bâtiment, il n’est pas près de connaître une reprise. Reste la demande des ménages, elle n’est pas sur une tendance haussière. Bien au contraire. Quant au chômage et à la précarité ils s’installent pour de bon. Un choc des plus inédits.


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