Rojou3, retour en mode collectif

UNE FUTURE PLATEFORME POUR FÉDÉRER LES MAROCAINS DU MONDE


Fondée par Sarah Zri, la plateforme “Rojou3” se veut un moyen pour les ressortissants du Royaume, tous pays d’installation confondus, d’“imaginer et réinventer le Maroc tel que nous aimerions le vivre”.

Rentrer au Maroc, cela fait un certain temps déjà que Sara Zri y pense. Installée depuis 2015 en France, où elle dirige actuellement sa propre start-up dans le domaine de la tech, cette jeune femme de 29 ans native de Casablanca nourrit l’ambition de participer à la marche de sa terre d’origine. Problème, elle ne sait pas exactement par où commencer, ni quelle voie concrète emprunter. “C’est l’opacité totale quand un expatrié marocain souhaite revenir au bercail,” estime-t-elle. “Autrement, je peux vous dire que beaucoup, beaucoup feraient ce choix. Des Marocains qui sont dans le même cas que moi, j’en connais, à moi seule, une flopée.”

Et c’est justement avec une dizaine de ces Marocains que Mme Zri travaille depuis plusieurs mois sur la mise en place d’une plateforme dédiée. Elle a été baptisée “Rojou3”, c’est-à-dire retour en arabe. Par ce moyen, Mme Zri espère non seulement faciliter les projets de réinstallation des membres de la communauté des Marocains résidant à l’étranger (MRE), mais plus généralement fédérer l’ensemble des ressortissants du Royaume dans le monde, y compris ceux du pays, “pour imaginer et réinventer le Maroc tel que nous aimerions le vivre”.


“Par l’intelligence collective, nous souhaitons apporter des solutions à nos propres problèmes, au lieu d’importer des solutions à la recherche d’un problème, et créer un environnement social, professionnel propice au développement de tous,” posait comme objectifs un manifeste fondateur que Mme Zri avait fait diffuser en avril 2022 auprès de ses connaissances.

En gros, il s’agit de mettre en place un réseau d’entraide maroco-marocain, où tout un chacun pourra faire profiter l’autre de son savoir-faire et de son carnet d’adresse, et ce au grand bénéfice final du Maroc. Deux choses ont, comme elle nous le confie, poussé Mme Zri à vouloir procéder de la sorte. D’abord, c’est sa propre expérience au sein de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (AIESEC), dont, au cours de ses études de 2013 à 2016 à l’École nationale supérieure d’électricité et mécanique (ENSAM), elle a été une participante active. “Jusqu’à aujourd’hui, les rencontres que j’y ai faites continuent à me servir professionnellement mais aussi personnellement,” expose Mme Zri. “D’ailleurs, une des communautés que j’avais visées au moment de partager le manifeste de “Rojou3” avait été celle des AIESECiens avec qui j’avais gardé contact.”

Un manifeste fondateur
Mais “Rojou3”, c’est ensuite, aussi, pour Mme Zri, une sorte de “proof of concept” qui donnerait de la légitimité à ce qu’elle cherche à entreprendre. Fin octobre 2022 à Rabat, elle avait par exemple rencontré en marge des travaux de l’assise de la 13ème région sur les compétences marocaines à l’étranger le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, qui, à sa demande, de soutien, lui avait opposé qu’il fallut qu’elle fasse ses preuves si elle voulait obtenir gain de cause.

A cet égard, Mme Zri nous a révélé que “Rojou3” accompagnait en ce moment un Marocain installé aux Émirats arabes unis afin qu’il puisse se développer au Maroc dans le domaine de la cryptomonnaie, où il investit déjà dans le Golfe, et pourquoi pas envisager d’en faire, à terme, son piedà- terre. “Ce sera, je pense, quelque chose qui nous aidera beaucoup à aller de l’avant,” nous indique Mme Zri. Et qui, certainement, l’encouragera elle aussi à acter son propre “rojou3”.

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