SM le Roi met en avant la responsabilité des oulémas


La déclaration finale du colloque exprime la volonté de mener des initiatives pour veiller à ce que le sens de la modération, l’esprit de conciliation et la propension de l’Ijtihad « la jurisprudence» soient les catalyseurs de toute réforme religieuse visant à consolider les bases du développement en Afrique.

La fatwa suscite toujours débat et controverse au sein de la société marocaine. Non seulement par rapport à son caractère religieux, mais aussi par rapport à son contexte social et son origine. Le domaine de la fatwa, au Maroc comme dans de nombreux pays musulmans, est strictement réglementé par la charia et les lois islamiques. Pour jeter la lumière sur cette question importante, le Maroc a abrité du 7 au 10 juillet 2023 à Marrakech le colloque international sur les « règles de la fatwa dans le contexte africain » qui a connu la participation d’éminents oulémas et muftis venant de divers horizons religieux et intellectuels.

Ces derniers ont souligné la présence d’un consensus pour considérer le contenu du message royal adressé aux participants comme une feuille de route pour orienter leurs futurs efforts en faveur d’une Fatwa bien encadrée. Un message royal plein d’optimisme et d’orientation visant à promouvoir un islam tolérant qui épouse les évolutions de la société. Il y a aussi l’appel visant essentiellement à mutualiser et à coordonner les efforts conjoints des oulémas du Maroc et leurs homologues des pays africains musulmans pour faire rayonner et asseoir solidement les valeurs de l’Islam tolérant.


La déclaration finale du colloque exprime par ailleurs la volonté de mener des initiatives pour veiller à ce que le sens de la modération, l’esprit de conciliation et la propension de l’Ijtihad « la jurisprudence» soient les catalyseurs de toute réforme visant à consolider les bases du développement en Afrique, outre la mise en place d’un cadre institutionnel de communication entre les oulémas et les mouftis pour accompagner les nouveaux défis liés à l’évolution de la vie sociale et civilisationnelle.

Institution collégiale
Le document insiste sur l’implication des Alimates (femmes savantes) dans tous les volets de l’entreprise visant à encadrer la fatwa, et sur la prise en considération du patrimoine qui s’est richement forgé au fil des siècles et que des générations successives d’ancêtres vertueux ont légué par l’établissement de liens solides et multidimensionnels entre le Royaume du Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne. Les participants appellent, dans cette déclaration, à distinguer entre la fatwa, institutionnalisée par un cadre collégial chargé de statuer sur les questions de la vie courante, et ce que font les oulémas en tant qu’individus apportant des conseils et expliquant les prescriptions formelles, notant qu’il convient de procéder ainsi dans chacun des pays africains, en attribuant l’exercice de la Fatwa à une institution collégiale composée d’oulémas dignes de foi, modérés et attachés aux principes intangibles et à la doctrine de leur pays.

La Fondation Mohammed VI des ouléma africains, organisatrice de l’évènement, a annoncé la création d’un site web intitulé «Conseil des muftis africains» afin de faciliter les échanges entre les experts du domaine, dans le but d’éclairer et de sensibiliser sur les questions religieuses, et la publication et la traduction des travaux du colloque dans les différentes langues officielles de la Fondation, dans les plus brefs délais et sur divers supports électroniques. Elle a également lancé un appel fraternel à tous les intervenants extérieurs à l’Afrique dans les affaires religieuses de ce continent, les exhortant à cesser d’influencer la croyance choisie par les Africains.

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