Le Roi Mohammed VI et le pape François prônent le dialogue inter-religieux

Le pape François Ier est arrivé au Maroc, ce samedi 30 mars, à l’aéroport de Rabat-Salé pour une visite express de deux jours.

35 ans après Jean-Paul II, un pape est de retour au Maroc. C’est vers 14h que François, habillé de sa traditionnelle toge blanche, a posé les pieds sur le tarmac de l’aéroport de Rabat-Salé, sous une pluie battante, accueillis par le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, et du prince Moulay Rachid. Comme le veut la tradition, le Roi a offert des dattes et du lait d’amande au souverain pontife. Les deux cortèges ont ensuite pris la route vers l'esplanade de la Mosquée Hassan à Rabat pour la cérémonie d'accueil officiel de Sa Sainteté le Pape François, à l’abri à bord de sa Papamobile.

Sur le chemin, des dizaines de milliers de Marocains, toutes origines confondues, ont bravé la pluie et le froid dans l’espoir d’apercevoir les deux chefs d’états. Un individu s’est même faufilé derrière les barrières de sécurité avant de foncer vers le cortège du Roi. Un acte dangereux, heureusement stoppé à temps par les gardes du corps. A leur arrivée devant l'esplanade de la Mosquée Hassan, le Roi Mohammed VI et Sa Sainteté le pape François ont salué les couleurs nationales au son des hymnes nationaux des deux pays joués par l’orchestre royal, alors qu'une salve de 21 coups de canon retentissait en signe de bienvenue au Chef de l'État du Vatican et de l'Église Catholique. Le Roi et le pape ont, ensuite, passé en revue un détachement de la Garde Royale qui rendait les honneurs, avant que le pape François ne soit salué par le chef du gouvernement, les présidents des deux Chambres du Parlement, le ministre d'État chargé des Droits de l'Homme, les Conseillers du Roi, le ministre de l'Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministre des Habous et des Affaires islamiques.

Puis c’est sous les acclamations de milliers de personnes présentes dont de nombreuses personnalités dont Abdellilah Benkirane, l’ancien chef du gouvernement, Driss Jettou, le Président de la Cours de Comptes ou encore Aziz Akhenouch, ministre de l’agriculture, que les deux souverains ont fait leur apparition. Ils ont, ensuite, gagné la Tribune Royale d'où ils ont prononcé des discours à l'occasion de cette première rencontre entre Amir Al-Mouminine et Sa Sainteté le pape François. Le Roi Mohammed VI est le premier à prendre la parole pour un discours d’une dizaine de minutes. Il s'exprime d'abord en arabe, puis en espagnol, ensuite en anglais et en français. Il déclare: « Je suis le commandeur de tous les croyants. Ce n'est pas la religion qui unit les terroristes, c'est l'ignorance de la religion ». Le Roi appelle à accorder une plus grande place à la religion dans l'éducation des jeunes. « Les valeurs des religions monothéistes contribuent à la rationalisation et à l'amélioration de l'ordre mondial ».

Le pape François s'est lui exprimé exclusivement en italien pendant plus de trente minutes. Un de ses collaborateurs a donné une traduction en langue arabe. Après avoir remercié le roi pour son accueil et exprimé sa joie d’être dans ce pays «riche de beautés naturelles» et «gardien de civilisations antiques», le Pape a rappelé que ce voyage était «une importante opportunité pour promouvoir le dialogue interreligieux», en cette année où l’on commémore le 8e centenaire de la rencontre entre saint François d’Assise et le Sultan al-Malik al-Kamil. Pour François, cet événement historique manifeste que «le courage de la rencontre et de la main tendue est un chemin de paix et d’harmonie pour l’humanité, là où l’extrémisme et la haine sont des facteurs de division et de destruction».

Les deux chefs d’états ont ensuite gagné le Mausolée Mohammed V, -qui abrite les tombes du père et du grand-père de l’actuel monarque avant de se diriger vers le Palais royal où ils se sont entretenus en tête-à-tête. En fin de journée, le Roi Mohammed VI et le Pape François ont visité l'Institut Mohammed VI pour la formation des Imams, un centre où l'enseignement religieux prône un islam tolérant de paix et de cohabitation. Cet institut forme des imams du Maroc et de pays d'Afrique et d'Europe. Le chef de l'église catholique a achevé sa journée par une rencontre avec des migrants subsahariens régularisés au siège de l'Association caritative « Caritas ». Partant du statut religieux et de la responsabilité spirituelle, assumés par le Commandeur des croyants et Sa Sainteté le pape, cette rencontre contribue à promouvoir les valeurs de fraternité, de paix et de tolérance entre les peuples et les nations.

Au delà des liens historiques entre le Maroc et le Saint Siège, le Maroc prône le dialogue inter-religieux. Dans le contexte international actuel, les études les plus récentes montrent que le monde sera plus apaisé si on agit sur la manière dont les communautés différentes se voient les unes les autres. De plus, le Maroc est une terre de coexistence et l'un des meilleurs lieux pour mieux connaître la richesse théologique de la religion musulmane qui n'est pas suffisamment connue dans le monde chrétien. Le pape François achèvera son premier voyage en terre maghrébine, ce dimanche 31 mars, après une journée consacrée à la communauté catholique du pays, en clôturant sa visite par la plus grande messe catholique jamais célébrée au Maroc, avec quelque 10.000 personnes attendues dans un complexe sportif.

Par notre envoyé spécial, Mohamed Darouiche


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