Le RNI, le PAM et l'Istiqlal contrôlent la chambre des conseillers

Majorité confortable pour le nouvel Exécutif

On s’y attendait. La composition de la Chambre des conseillers, qui vient d’être renouvelée mardi 5 octobre 2021, est tombée aux mains des trois partis de la majorité gouvernementale. Outre la domination exercée sur le paysage politique national, le trio s’assure désormais une bonne cohérence au niveau de l’action gouvernementale.

La nouvelle carte politique du Maroc vient d’être officiellement bouclée. Et c’est le trio RNI, PAM et Istiqlal, qui forment la coalition gouvernementale, qui sans surprise confirme son hégémonie sur la paysage politique national. En arrivant en tête des élections des membres de la Chambre des conseillers, qui se sont déroulées le mardi 5 octobre 2021, ultime étape du processus électoral, les partis de la majorité ont largement conforté leur alliance, présageant d’une bonne cohérence au niveau du gouvernement.

A l’image de l’élection des membres de la Chambre des représentants, largement remportée par le même trio avec 270 sièges, les trois vainqueurs ont raflé 63 sièges à la deuxième Chambre, s’offrant ainsi la majorité dans les deux Chambres du Parlement, sachant que la même coalition avait également remporté les élections des chambres professionnelles et des collectivités territoriales.

Restaurer la confiance
Pour beaucoup, les résultats enregistrés par ces trois formations politiques sont de nature à garantir davantage d’efficacité et d’efficience dans la prise de décision, à renforcer la coordination entre les pouvoirs exécutif et législatif et à assurer la mise en oeuvre optimale du programme gouvernemental.

D’ailleurs, les leaders des trois partis avaient souligné lors de l’annonce de la nouvelle majorité gouvernementale la nécessité de renforcer la coordination entre les composantes du gouvernement sur le plan sectoriel, ainsi qu’au niveau des représentations des partis alliés à l’échelle régionale et locale. Cette étroite coordination conduira sans aucun doute à l’élaboration d’un programme gouvernemental de réforme inclusif, qui prend en compte les engagements annoncés dans les programmes électoraux et qui contribue à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Reflétant les dimensions territoriale, économique et sociale au sein du parlement et au vu des prérogatives qui lui sont conférées en matière de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire, la nouvelle composition de la Chambre des conseillers doit placer au coeur de ses préoccupations les enjeux et les défis auxquels le Royaume fait face actuellement.

Il en est ainsi, par exemple, de l’atténuation des répercussions socio-économiques de la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19; de la mise en place du nouveau modèle de développement; ainsi que de l’accélération des grands chantiers relatifs, notamment, à la généralisation de la protection sociale.

La Chambre des conseillers est composée de 120 membres. 72 d’entre eux représentent les collectivités territoriales et sont élus au niveau des régions, 20 membres sont élus dans chaque région par un seul collège électoral composé de l’ensemble des élus des Chambres professionnelles dans la région concernée, 8 membres représentant les organisations professionnelles des employeurs les plus représentatives, outre 20 membres élus au niveau national par un collège électoral composé des représentants des salariés.

L’élection des membres de la Chambre des Conseillers, la deuxième depuis l’adoption de la Constitution de 2011, se déroule suivant le scrutin de liste, à la représentation proportionnelle selon la règle du plus fort reste, sans panachage ni vote préférentiel.

Pour le ministère de l’intérieur, cette élection, comme celles qui ont lieu le 8 septembre dernier, s’est déroulée dans des conditions normales. Seul le PJD semble contester son résultat d’avoir remporté 3 sièges alors qu’il estime ne pas les mériter. Une contestation qui semble plutôt verser dans le sens de la crise que vit le PJD depuis sa déroute spectaculaire au dernier scrutin législatif, communal et régional.