Le RNI prolonge Akhannouch à sa tête

Horizon 2021

Le ministre de l’Agriculture devrait bel et bien mener le parti de la colombe au cours des campagnes électorales à venir.

Excipant de la pandémie de Covid- 19 et de l’impossibilité de tenir un congrès ordinaire, le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, avait demandé, début octobre, à son parti du Rassemblement national des indépendants (RNI) de le prolonger lui et son bureau à la tête de la formation -qu’il dirige, en tant que président, depuis octobre 2016.

Ce qui, finalement, lui a été accordé au cours d’un congrès extraordinaire tenu ce samedi 7 novembre 2020, et ce pour une période ne devant pas dépasser six mois, après l’annonce des résultats des échéances électorales que s’apprête à connaître le Maroc au cours de l’année 2021 avec aussi bien les communales et les régionales que, avant tout, les législatives.

De fait, M. Akhannouch devrait bel et bien mener le RNI au cours des campagnes électorales à venir et où l’ambition du parti de la colombe, comme ses dirigeants le disent depuis plusieurs années, n’est rien de moins que de s’installer au sommet de la pyramide politique et, par là-même, damer le pion au Parti de la justice et du développement (PJD), avec qui il coalise pourtant au sein du gouvernement depuis novembre 2013.

Confortable avance
L’ancien secrétaire général de la formation islamiste et ancien Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, avait d’ailleurs dès février 2018 identifié le RNI comme principal adversaire aux législatives de 2021, en prenant directement à parti M. Akhannouch au VIe congrès de la Jeunesse de la justice et du développement (JJD) à Rabat. “Quelle voyante lui a dit [qu’il allait gagner]?,” l’avait alors apostrophé M. Benkirane, provoquant même une mini-crise au sein du gouvernement Saâd Eddine El Othmani.

Toutefois, il y a lieu de dire que le RNI n’aura pas la partie facile, d’abord parce que le PJD jouit d’une confortable avance au sein de la Chambre des représentants, avec 125 sièges à la première chambre contre 102 pour son premier poursuivant qui est le Parti authenticité et modernité (PAM), et ensuite parce qu’à l’interne il doit faire face à un mouvement de contestation mené notamment par l’ancien président de la région de Guelmin-Oued Noun, Abderrahim Ben Bouaida, loin d’être négligeable. M. Akhannouch ne bénéficie, ainsi, plus du même boulevard qu’il avait devant lui il y a quelques mois encore.

Au niveau du gouvernement, on parle aussi, d’ailleurs, d’une opposition entre lui et le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, pourtant RNIste lui aussi, sans que l’on en sache vraiment plus sur les tenants de leur divergence. Pour autant, cela veut dire que M. Akhannouch aura fort à faire pour colmater les brèches susceptibles de mettre en péril les chances du RNI de rafler la mise.


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