LE RISQUE EST OMNIPRÉSENT MÊME FACE À DES ASYMPTOMATIQUES

ALERTE DE L’OMS

Des réactions mitigées face au manque de précision de l’OMS et des déclarations sorties de leurs contexte sur les réseaux sociaux.

Lundi 8 juin 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu une conférence de presse suggérant que la transmission asymptomatique est “très rare”, selon l’experte en maladies infectieuses Maria Van Kerkhove. Cela semblait être une excellente nouvelle. Mais c’était trop beau pour être vrai. Le lendemain, mardi 9 juin, l’OMS est revenue sur ses paroles. “Nous n’avons pas encore cette réponse”, a déclaré Van Kerkhove elle-même.

Cette situation inédite a provoqué une tollé sur les réseaux sociaux. Estimant la communication de l’OMS mal maîtrisée ou du moins peu précise. Les termes utilisés par l’experte de l’OMS durant la conférence ont prêté à confusion et à une certaine incompréhension.

Mais que s’est-il passé au juste?
Premièrement, il va falloir distinguer les personnes qui sont vraiment asymptomatiques de celles présymptomatiques. Le premier terme, techniquement parlant, décrit des personnes qui ne présentent et ne présenteront pas de symptômes du virus, tandis que le second décrit des personnes qui sont en phase d’incubation du virus et présenteront les symptômes du covid- 19 dans les jours à venir. Mais le terme “Asymptomatique” englobe les deux cas tant que les présymptomatiques n’ont aucune manifestation visible du virus.

Lorsque Van Kerkhove a déclaré qu’une telle transmission est “très rare”, elle faisait référence à “un petit sous-ensemble d’études” qui examinent les données de la recherche des contacts. Mettant de côté les modèles estimant l’ampleur de la propagation asymptomatique. “Certes, la propagation asymptomatique et présymptomatique du virus semble toujours se produire”, a déclaré Van Kerkhove. Mais reste rare. Cette découverte a des implications importantes sur la façon de dépister le virus et de limiter sa propagation.

“Ce sur quoi nous voulons vraiment nous concentrer, c’est suivre les cas symptomatiques”, a déclaré la cheffe de l’unité des maladies émergentes et des zoonoses de l’OMS. “Si nous suivons réellement tous les cas symptomatiques, isolons ces cas, suivons les contacts et mettons ces contacts en quarantaine, nous réduirons considérablement l’épidémie”. Cette distinction est importante car le suivi des contacts et les données sur les patients asymptomatiques font en effet défaut, même si certains modèles estiment que les porteurs asymptomatiques peuvent être responsables de 40% de la transmission.