Risque des morsures de scorpions au maroc : Une menace croissante, particulièrement pour les enfants


Le Maroc est confronté à une hausse préoccupante des morsures de scorpions, qui se traduit tragiquement par une augmentation des décès, particulièrement parmi les enfants, avec un taux de 90 à 95% de décès.

Récemment, une fillette de 6 ans d’Azilal, une autre de 12 ans de Fkih Ben Salah et un nourrisson de Tata ont succombé à la suite de morsures de scorpions. Dans tous ces cas, l’absence d’antidotes à proximité a été soulignée par les habitants, selon plusieurs médias locaux. Face à cette situation, Dr Ghizlane El Oufir, responsable du programme des piqûres de scorpions au Centre national anti-poison et de pharmacovigilance, nous explique que ce phénomène est «un véritable problème de santé publique. On signale plus de 25.000 cas de piqûres annuellement, avec un pic dans les mois de juin, juillet et août. 70% des piqûres sont à domicile, et 90 à 95% des décès sont des enfants de moins de 15 ans ». Ces chiffres soulignent l’urgence de la situation et la nécessité d’une action ciblée pour protéger les plus vulnérables.

C’est pourquoi depuis 2001, le ministère de la santé a instauré une nouvelle stratégie pour la lutte contre les piqûres et les envenimations scorpioniques. Ce programme, mis en place et piloté par le CAPM (Centre Anti Poison Marocain), comprend l’éducation de la population, la formation des professionnels de santé, et l’aide à la prise en charge thérapeutique. En d’autres termes, nous explique DR.Oufir,cette stratégie est une démarche globale qui ne se limite pas à la réponse immédiate face aux morsures de scorpions, mais vise aussi à former les professionnels de la santé à une meilleure gestion de ces situations.


En outre, elle entend éduquer la population sur les risques et les moyens de prévention des piqûres de scorpions. Ce travail global de sensibilisation et de formation a déjà donné ses fruits, selon le Dr. El Oufir, par une diminution de la mortalité, de 2,7% avec 100 à 150 décès annuellement auparavant, à 0,17% de décès, ce qui n’a pas dépassé 30 décès en 2021 et 2022, ainsi que par l’abandon des pratiques et thérapeutiques irrationnelles.

Cependant, elle insiste sur le fait que la solution au problème n’est pas simplement d’augmenter la disponibilité des sérums antivenimeux. Elle explique : « Le sérum n’est plus efficace et n’est pas adapté aux plus de 50 espèces de scorpions présents au Maroc, c’est pourquoi on a mis en place des kits. Ainsi, ce sont 1200 kits d’antidotes qui ont été distribués à travers le royaume cette année, en fonction des régions. Les régions les plus touchées et à risque de décès élevés sont Souss-Massa, Marrakech, Safi, Settat, Jedida et Deraa Tafilalt. »

Comment se protéger ?
En cette période de crise, il est crucial de prendre des mesures de précaution pour se protéger contre les morsures de scorpions. Tout d’abord, les habitants, surtout dans les zones rurales, doivent toujours porter des chaussures et des vêtements protecteurs, en particulier la nuit, qui est la période la plus active pour les scorpions. Il est également essentiel de vérifier la literie, les vêtements et les chaussures avant de les utiliser pour éviter tout contact accidentel. De plus, pour limiter l’accès des scorpions aux habitations, toutes les fissures et ouvertures dans les maisons doivent être soigneusement scellées, nous souligne la spécialiste.

« En cas de morsure, il est important de rester calme et de se rendre immédiatement à l’hôpital ou au centre de santé le plus proche » alerte dr. Ghoufir. Il ne faut pas tenter de sucer ou d’extraire le venin, ni d’appliquer de glace, de bandage serré, ou toute autre méthode traditionnelle non validée scientifiquement. Ces pratiques peuvent aggraver la situation. A la place, la zone mordue doit être nettoyée avec de l’eau et du savon si possible, et la personne doit être maintenue en position allongée, avec la partie mordue en position basse, en attendant les secours.

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