Au risque de l'inflation s'ajoute celui du chômage

Les chances de trouver un emploi se réduisent.

Au moment où la troisième vague de l’épidémie de Covid-19 est entrée dans une phase descendante au Maroc, faisant revenir, surtout avec la prochaine réouverture des frontières et la levée des restrictions sanitaires, un début d’optimisme pointe du côté de l’économie.

Néanmoins cet optimisme ne doit pas nous faire perdre de vue certaines difficultés suite aux perspectives d’un retour de l’inflation et surtout d’une aggravation de la situation du chômage de ces milliers de jeunes. Chômage, dû, en grande partie, aux difficultés d’accès au marché du travail. Difficultés accentuées par la pandémie du coronavirus. En effet, notre jeunesse souffre d’un chômage massif, en particulier dans la catégorie des 15-24 ans vivant en milieu urbain.

Chômage, dont les chiffres ont augmenté ces dernières années. Un chômage des 25-34 ans plus éel vé que celui du reste de la population, puisqu’il touche environ 15% de la population active de cette tranche d’âge, nous disent certains experts, notamment du Haut Commissariat au Plan (HCP). Certes, même s’il ne faut pas perdre de vue qu’en période de pandémie, certains emplois ont été créées, ils n’en restent pas moins insuffisants pour faire face à l’augmentation de la population en âge de travailler.

Sept millions de personnes et davantage auraient dû entrer sur le marché du travail au cours des 20 dernières années. Par conséquent, le marché du travail national aurait dû créer 280.000 emplois par an, mais seulement 90.000 ont été créés. Faible résultat. La raison en est que le marché du travail marocain, qui reste profondément inégal, reflète les insuffisances de la trajectoire de croissance actuelle et une société non intégrée qui marginalise les femmes et les jeunes.

Ainsi, comme l’ont relevé plusieurs études, le marché du travail marocain est caractérisé par plusieurs inégalités, notamment à l’égard des femmes. En matière d’accès au marché du travail, les femmes sont peu présentes avec un taux d’activité de 19,9% en 2020, contre 70,4% pour les hommes, selon le dernier rapport du HCP intitulé «La femme marocaine en chiffres: 20 ans de progrès». Ce faible taux s’explique, selon les spécialistes, par plusieurs facteurs.

D’abord, le choix délibéré de certaines femmes à ne pas travailler, préférant se consacrer à l’éducation des enfants et à la gestion des affaires domestiques. Parfois, c’est plutôt le choix de l’époux, compte tenu du contexte social dans lequel nous vivons.

Le faible taux d’employabilité des femmes s’explique également par une certaine discrimination à l’embauche. Un autre facteur est également responsable de cette inégalité: le manque d’accès des femmes à l’éducation élémentaire et à l’enseignement supérieur.

Chose qui réduit considérablement leurs chances de trouver un emploi. Cette inégalité est, par conséquent, responsable du manque d’accès à la sécurité sociale, d’autant plus que l’emploi au féminin reste marqué par une forte précarité en lien avec la prépondérance de l’informel.

Aussi, plus que jamais une action claire et urgente est nécessaire pour répondre à la crise des inégalités sociales et de l’injustice au Maroc. Parmi ces recommandations figure la protection des emplois, notamment dans les PME et les micro-entreprises, à travers un plan qui met l’accent sur les jeunes et les femmes.

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