On ne rigole pas avec l'hymne national

A sujet du fou rire s'emparant de joueurs de l'équipe marocaine de football

Si les compétitions internationales de football n’existaient pas, il n’y aurait pas beaucoup d’occasions d’entendre l’hymne national. Dans ces moments rarissimes où il se fait entendre, un sursaut de patriotisme surgit chez les spectateurs-supporters, qui épient l’attitude des joueurs pour mesurer leur attachement, non pas à l’équipe, mais à la nation.

Mercredi 6 octobre 2021, stade du Prince Moulay Abdellah, à Rabat, l’hymne national résonne dans le stade lors du match opposant l’équipe nationale à celle de la Guinée-Bissau. La caméra balaie les visages des joueurs de l’équipe nationale. Certains, lèvres closes, regardent vers le ciel. D’autres rigolent, sous l’emprise d’un fou rire incontrôlable. Il s’agit en l’occurrence de Anas Z., gardien du club du Raja, Zakaria A. et Soufiane K., deux joueurs du championnat hollandais, et Sami M., évoluant au poste de défenseur central dans un club hongrois.

La photo et la vidéo montrant cette attitude inappropriée et inadmissible de ces quatre joueurs de la sélection marocaine sont devenues virales. Elles ont fait le tour des réseaux sociaux. L’indignation des internautes marocains est à son comble. Cet incident n’est pas isolé. Au gré des matches, on constate que de plus en plus de joueurs de la sélection nationale se montrent à peine moins enthousiastes ou s’abstiennent même de chanter l’hymne national. Les caméras, gênées sans doute de fixer ces footballeurs aphones, se tournent vite vers les spectateurs.

Les joueurs de l’équipe nationale se doivent d’affirmer leur appartenance et leur adhésion en donnant de la voix lors du moment solennel qui précède la rencontre. Le règlement de la FIFA stipule que les hymnes doivent être joués avant l’engagement. Le fait de le chanter n’est pas un diktat officiel. Il répond à une autre logique, d’ordre plus affectif, patriotique.

Appartenance et adhésion
Des sommes mirobolantes d’argent sont dépensées par la Fédération marocaine de football, dirigée par Fouzi Lekjaa (fraîchement nommé par le Roi ministre du Budget) pour entretenir et recruter de nouveaux joueurs de la sélection nationale. Le but recherché est le rayonnement du pays à l’international.

Mais, en l’absence de grands résultats, le minimum devant être exigé, c’est le respect de l’hymne national et d’afficher l’appartenance à la patrie. Du moins, le respect pour le contribuable marocain qui donne son argent pour ramener des joueurs qui ne se donnent même la peine de faire semblant de le chanter.

Si les compétitions internationales de football n’existaient pas, il n’y aurait pas beaucoup d’occasions d’entendre l’hymne national. Dans ces moments rarissimes où il se fait entendre, un sursaut de patriotisme surgit chez les spectateurs et les supporters, qui épient l’attitude des joueurs pour mesurer leur attachement, non pas à l’équipe, mais à la nation.