Le revers d’une communication publique 2.0 chaotique

Encore une fake news sur le retour au confinement au Maroc

Au Maroc, il n’y a jamais eu de fake news usant du sceau des autorités du pays que depuis que le gouvernement et ses membres ont commencé à ignorer la presse et à communiquer leurs décisions sur leurs comptes personnels des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…). Il n’en faut pas plus pour comprendre la genèse de ce phénomène.

Le procureur général du Roi près la cour d’appel de Rabat a annoncé le 1er novembre 2020 que la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a été chargée d’ouvrir une enquête sur les tenants et aboutissants d’une fake news présentée sous forme d’un communiqué du porte-parole du gouvernement, en date du 1er novembre 2020, et qui prétend l’approbation d’un reconfinement total sur l’ensemble du territoire du Royaume à partir de ce jour, en vue de faire face à la pandémie du coronavirus (Covid 19), à l’issue d’un conseil de gouvernement qui aurait été tenu le jour même (dimanche 1er novembre).

Les résultats de cette enquête permettront d’établir les effets juridiques de cette intox. Mais de quels effets juridiques parle-t-on? Dans ce cas de figure, pourquoi n’ouvre-t-on pas également une enquête sur les effets juridiques de la communication publique à la mode du Chef du gouvernement et des membres de son cabinet qui tweetent ou font des posts sur Facebook pour annoncer des décisions importantes qui engagent tout un pays et qui peuvent même avoir un impact sur la sécurité des citoyens? Pourquoi ne communiquent-ils pas par la voie de la presse et pourquoi il y a eu des controverses entre le communiqué de deux départements publiés en même temps?

Sécurité des citoyens
Toute fake news est condamnable et prohibée. Mais que cherchaient au juste celui ou ceux qui ont confectionné la dernière en date? Cherchaient-ils à signifier que les décisions prises en France sont toujours dupliquées quelques heures ou quelques jours plus tard au Maroc? Auraient-ils voulu peut-être provoquer ce qui allait venir? Car, une chose est sûre, le communiqué ou le démenti du Chef du gouvernement ne donne pas une réponse à une question qui taraude l’esprit de nos concitoyens: va-t-on passer au reconfinement général?

Au Maroc, le phénomène des fake news est nouveau. Mais il n’y a jamais eu de fake news portant le sceau des autorités du pays que depuis que le gouvernement et ses membres ont commencé à ignorer la presse et à communiquer leurs décisions sur leurs comptes personnels des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…). Il n’en faut pas plus pour comprendre la genèse de ce phénomène. Un Chef du gouvernement ou un ministre qui s’occupe à tweeter et à commenter sur Facebook en réponse aux interrogations des internautes au lieu de répondre aux questions des journalistes, c’est courant. Le comble, c’est que les membres du gouvernement communiquent sur leurs comptes personnels des réseaux sociaux. Qui encourage donc les fake news?

Il va falloir que la plus haute autorité du pays intervienne pour mettre fin à cette dérive de communication publique. Le déficit en communication publique dans les canaux officiels nourrit, au fil des jours, la puissante machine des fake news qui alimente la confusion générale et la psychose s’emparant graduellement aussi bien du Marocain lambda que du Marocain instruit.


1 commentaire

  • dilami

    3 Novembre 2020

    Excelente analyse

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