Le rêve d'un mondial maghrébin


J’ai fait un rêve. Un rêve où les pays du Maghreb, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, main dans la main, organisent ensemble la Coupe du Monde de football. Un projet grandiose, qui aurait transcendé les frontières, balayé les différences et réuni les peuples autour d’un idéal commun. Ce rêve, c’était celui du Maghreb fort et uni. Imaginez un instant.

Des stades flambant neufs sortis de terre à Alger, Tunis et Rabat. Des supporters venus du monde entier pour découvrir la richesse culturelle et la chaleur humaine de ces pays, le couscous, le Hayek, les Tajines, les Jellabas… des retombées économiques considérables pour l’ensemble de la région... Voilà ce qu’allait offrir ce projet audacieux et ambitieux à la région, si mon rêve était réel.

Le sport est un langage universel qui dépasse les barrières des cultures, des religions et des origines. Il est le symbole d’unité, de fraternité et de paix. Et quel plus beau symbole que le centenaire de la Coupe du Monde de football pour incarner ces valeurs ? Cette édition aurait pu être une démonstration d’alliance de génie, de créativité, d’expérience et de moyens, unissant les compétences et les talents de ces nations voisines, unies par le sol et le sang. Le Maroc a déjà montré sa volonté d’aller dans cette direction, en annonçant officiellement la candidature conjointe avec l’Espagne et le Portugal pour l’organisation de la Coupe du Monde 2030.

«J’annonce devant votre assemblée, que le Royaume du Maroc a décidé, avec l’Espagne et le Portugal, de présenter une candidature conjointe pour abriter la Coupe du Monde 2030», a affirmé S.M. le Roi dans un message à l’occasion de la remise du Prix de l’Excellence de la Confédération Africaine de Football (CAF) pour l’année 2022 (CAF President’s Outstanding Achievement Award-2022), décerné au Souverain à Kigali, au Rwanda.

De leur part, l’Algérie et la Tunisie sombrent dans un contexte politique sans précédent. Ces deux pays ne contribuent guère à l’essor du Maghreb. L’Algérie, en dépit de l’abondance financière engendrée par les hydrocarbures - près de 800 milliards de dollars en vingt ans - demeure affligée par la pénurie récurrente de denrées alimentaires de première nécessité.

Tel un mirage qui s’évanouit dans le désert, cette prospérité apparente ne parvient point à subvenir aux besoins élémentaires de la population puisqu’elle profite aux militaires et finance le Polisario qui parasite la région. Quant à la Tunisie, ce pays, jadis étincelant et prometteur du temps du bourguibisme, s’est engouffré dans un tournant autoritaire sous l’égide de son président, Kaïs Saïed, qui contrôle depuis juillet 2021 les rênes de la vie politique et institutionnelle.

J’ai fait un rêve, disais-je. Un rêve qui, je l’espère, se réalisera un jour. Je veux croire en un Maghreb fort, puissant, développé et uni. Je veux croire en cette union maghrébine, en cette fraternité entre les peuples, en cette solidarité qui nous assemble malgré nos différences. Car c’est dans l’union que réside la force, et c’est ensemble que nous pourrons bâtir un monde meilleur.

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