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Réunion du printemps du FMI et de la banque mondiale : sombres prévisions pour l'économie mondiale

L'INÉVITABLE RÉCESSION

Cette année, le FMI s’attend à un choc plus violent sur l’économie avec -3,7% de croissance et à une hausse inexorable du chômage de 12,5%.

Pandémie du Covid-19 oblige, les trois immeubles des institutions de Bretton-Woods, situés à Washington, resteront vides cette semaine. L’assemblée de printemps se déroulera en mode virtuel. Un défi inédit alors que les ministres de finances et banquiers centraux des Etats membres du FMI doivent venir en aide aux pays les pus pauvres et poser les cadres de la relance de l’économie mondiale à l’arrêt. Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds, n’a pas manqué l’occasion de présenter, le mardi 14 avril 2020, les dernières prévisions de ses experts. Lesquelles font référence à la croissance de l’économie marocaine.

La directrice du FMI ne cache pas son pessimisme. La récession serait inévitable. En effet, du fait de la pandémie, l’économie mondiale devrait se contracter fortement de -3% en 2020, pire que lors de la crise financière de 2008-2009. Selon Kristalina Georgieva, «ces sombres perspectives s’appliqueraient aussi bien aux pays avancés qu’aux pays en développement. Cette crise ne connaît pas de frontières. Tout le monde est éprouvé». Pour la directrice du Fonds «la nouvelle encourageante est que tous les pays ont réagi et ce, de manière très coordonnée».

Un choc plus violent
Pour les pays en développement, dont fait partie le Maroc, la situation est plus qu’inquiétante. Ainsi, au cours des deux derniers mois de l’année, en plus des sorties des capitaux (100 milliards de dollars en investissements de portefeuille) des pays émergents, certains pays en développement exportateurs de produits de base ont vu les cours de leurs matières premières chuter drastiquement, et les envois des fonds de leurs travailleurs à l’étranger fondre comme neige. Résultat: les besoins de financement extérieurs des pays émergents et des pays en développement s’élèvent, selon les estimations du FMI, à des milliers de milliards de dollars.

«Or, ils ne peuvent à eux seuls répondre qu’à une portion de cette demande, ce qui laisse un déficit de financement de plusieurs centaines de milliards de dollars», souligne la directrice du FMI. N’épargnant ni les pays du Moyen– Orient et de l’Asie centrale, ni les pays de l’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Egypte), la récession serait, aussi, au rendez- vous au Maroc. Bien que les autorités aient pris une série de mesures pour accroître les dépenses de santé et soutenir les entreprises et les ménages, le Maroc risque de connaître une récession en 2020, annonce le FMI.

En effet, si pour la Banque mondiale, la croissance nationale enregistre cette année une régression de -1,7%, le FMI s’attend à un choc plus violent: -3,7%. Un taux qui pourrait évoluer à 4,8% en 2021 dans les meilleures conditions. Le FMI prévoit également une hausse du taux de chômage de 12,5% cette année, contre 9,2% en 2019. Il faudrait s’attendre à un impact social très important, nous disent les experts du FMI.