LE RETOUR À LA NORMALE

S.M. LE ROI REDYNAMISE LA VIE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE

En facilitant l’arrivée au bercail de nos ressortissants à l’étranger, le Roi Mohammed VI invite les Marocains à dépasser la pandémie et à se remettre au travail.

Plus nombreux que jamais, les Marocains du monde sont de retour au pays. Fait marquant: un engouement exceptionnel pour les offres des différents acteurs de transport aérien et maritime. Du jamais vu! Normal, quand on sait que les prix proposés défient toute concurrence. Jugez-en: un billet d’avion aller-retour Paris-Casa à 97 euros par personne pour une famille de quatre membres.

Simple coïncidence? Non! Ces offres ont été annoncés en réaction au communiqué du Cabinet royal du 13 juin 2021, ou plutôt aux consignes du Roi Mohammed VI qu’il contenait. Dans le détail, le Souverain a ordonné à l’ensemble des intervenants dans le domaine du transport aérien, en particulier la RAM, et aux différents acteurs du transport maritime, «de veiller à pratiquer des prix raisonnables qui soient à la portée de tous, ainsi que d’assurer un nombre suffisant de rotations, afin de permettre aux familles marocaines à l’étranger de rentrer au pays et renouer avec leurs familles et proches, particulièrement dans le contexte de la pandémie ».

Le Roi a exhorté, par ailleurs, tous les opérateurs du tourisme, aussi bien dans le domaine du transport que de l’hôtellerie, à «prendre les dispositions nécessaires afin d’accueillir les membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger, dans les meilleures conditions et aux meilleurs prix».

Tous mobilisés
Des consignes claires et efficaces. Car il a fallu seulement quelques heures pour qu’une dynamique nationale sans précédent soit enclenchée. RAM, opérateurs maritimes et touristiques, ONCF… Tous se sont mobilisés pour faciliter le retour des MRE à leur pays d’origine. A la bonne heure! Heureusement que le Roi Mohammed VI a pris l’initiative! Mais qui d’autre peut prendre une telle décision? Pourquoi pas le gouvernement ou une entreprise publique comme la RAM? Poser cette question n’est pas anodin.

Levée des restrictions
Au vu de la situation épidémiologique du pays, de la baisse continue des cas de contamination et de décès, et de l’avancement de la campagne de vaccination (7,9 millions de Marocains complétement vaccinés), plus rien ne justifie le maintien des restrictions sanitaires et du couvre-feu à 23 heures. C’est dire qu’il est temps que le Maroc retourne à une vie normale, aller au stade, au cinéma, à la salle de sport, en festival, voyager, sortir… que la machine économique, sociale et culturelle redémarre et atteigne au plus vite sa vitesse de croisière d’antan, soit d’avant-la pandémie.

Risqué? Non. Il suffit de voir ce qui se passe en France, où le nombre de cas de contamination et de décès demeure élevé par rapport au nôtre, pour se convaincre que le confinement ou le port de masque obligatoire sont désormais inutiles. En effet, le Premier ministre français, Jean Castex, a pris la parole, mercredi 16 juin 2021 à l’issue du Conseil des ministres pour faire un point sur la situation sanitaire face au Covid-19 et les étapes de déconfinement.

La situation «s’améliore, et elle s’améliore plus vite que nous l’avions espéré», a indiqué Jean Castex. Moins de 5.000 (3200) cas par jour sont recensés dans l’Hexagone. «Nous sommes sur la bonne voie», a-t-il également déclaré, évoquant en parallèle l’objectif de 35 millions de vaccinés (complets) en France, d’ici fin août. En conséquence, le Premier ministre français met fin au port du masque en extérieur et au couvre-feu.

Si sur une population française de 67 millions d’âmes, 3.200 cas de contamination sontt un signe très positif qui motive d’une seule fois la levée de toutes les restrictions, pour la population marocaine, un peu moins de 40 millions, le chiffre de 400 cas par jour ne justifie-t-il pas une décision similaire? Qu’attend-on alors pour supprimer les barrières sanitaires et redynamiser une économie qui a été, un an et demi durant, asphyxiée à coups de restrictions de déplacement et de décisions souvent irréfléchies d’arrêt de pans entiers de l’économie nationale? Qu’attend-on pour permettre aux Marocains résidant au Maroc de voyager sans contraintes en interne afin de revigorer le tourisme national mais aussi à l’étranger?

Qu’attend-on, enfin, pour comprendre que l’Etat ne peut plus fonctionner avec des caisses quasiment vides? Rappelons- nous le discours royal du 20 août 2020, commémorant le 67e anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple, où le Roi avait alerté que les caisses de l’État ne permettent plus aux finances publiques de supporter de nouvelles dépenses ou des dépenses superflues. «(…) Cet appui ne peut continuer indéfiniment, car les aides accordées par l’Etat excèdent ses ressources», avait alerté le Souverain. Ce discours remonte au mois d’août 2020, il y a onze mois maintenant. Aujourd’hui, la situation empire.

Les recettes se réduisent comme une peau de chagrin. Les dépenses du gouvernement ne baissent pas mais augmentent, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Même en juillet 2020, lorsque le gouvernement a voulu jouer l’effet d’annonce d’une relance économique, il a été très timide en accordant seulement 84 milliards de dirhams pour l’investissement public dans le cadre de la loi de finances rectificative.

Mesures de solidarité
Il a fallu attendre le discours royal du 29 juillet pour apprendre que 120 milliards de dirhams, au lieu de 84, seront injectés dans l’économie. «Il faut mobiliser tous les moyens disponibles en termes de financements, de dispositifs d’incitation et de mesures de solidarité, en vue d’accompagner les entreprises, essentiellement les petites et les moyennes, qui constituent le maillon central du tissu économique national. Dans ce cadre, environ 120 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11% du PIB. Ce taux inscrit le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance économique post-crise», a souligné le Roi.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les initiatives pertinentes et impactant le pays, son économie et ses structures sociales proviennent toujours du chef de l’Etat. Dans la continuité de la dynamique actuelle enclenchée par la décision d’aider les MRE à venir dans leur pays dans les meilleures conditions, il est temps que le Maroc retrouve une vie normale. Une fois encore, l’initiative ne peut émaner que du Souverain. Car s’il faut attendre que le gouvernement prenne une telle décision, il vaut mieux se résigner à attendre la fin de la pandémie du Covid-19 que de nourrir de faux espoirs.