Saisonnières bloquées en espagne: un retour désespéré

Le Maroc verra le retour, dès samedi, d’un premier groupe 1.200 de ses ressortissantes travailleuses saisonnières sur 7.100 en provenance de Huelva a annoncé l’Ambassade du Royaume à Madrid.

L’opération rapatriement pourra enfin commencer pour les travailleuses saisonnières marocaines de Huelva. En effet, l’Ambassade du Maroc en Espagne, en collaboration avec le gouvernement espagnol et la Communauté Autonome d’Andalousie, lancera, à partir du samedi 18 juillet 2020, un plan de rapatriement par voie maritime, au profit de 7.100 travailleuses saisonnières marocaines, qui ont participé à la campagne agricole de Huelva, dans le cadre du programme de migration circulaire entre les deux pays. 1.200 saisonnières seront rapatriées en premier lieu aux frais du gouvernement espagnol selon l’Ambassade du Maroc en Espagne. Des milliers d’agriculteurs saisonniers étrangers travaillent dans la région sous contrat pour récolter des fruits rouges chaque année.

Le gouvernement marocain a rouvert les frontières pour les Marocains et les résidents étrangers vivant au Maroc, ainsi que leurs familles, à partir du 15 juillet. Les ouvrières agricoles subiront des tests de dépistage conformément aux mesures préventives mises en place pour contenir la propagation du coronavirus. Cette annonce intervient après les nombreuses inquiétudes de ces femmes. Elles ont ainsi partagé plusieurs vidéos en clamant leur détresse et ont appelé à une intervention du Roi Mohammed VI afin de leur assurer un retour au pays auprès de leur famille.

“Sans argent et sans nourriture”
Dans ses vidéos, ces ouvrières agricoles indiquaient avoir envoyé l’ensemble de leurs salaires perçus à Huelva à leurs familles et qu’elles n’avaient donc pas d’argent pour rentrer chez elles. «Nous avons déjà envoyé tout l’argent au Maroc. Nos enfants sont seuls. Personne ne s’en occupe. On leur manque. Nous demandons au Roi d’ouvrir le port. Nous sommes ici sans travail, sans argent et sans nourriture. Nous demandons au Roi de nous rapatrier chez nous», a déclaré l’une des saisonnières marocaines.

L’incapacité à rentrer au Maroc n’est pas le seul problème auquel les femmes marocaines sont confrontées dans les champs de Huelva. Nombreuses sont celles qui se plaignent depuis des années d’agressions sexuelles et d’exploitation de la part de collègues masculins ou de managers. En 2018, un groupe de femmes marocaines a déposé des plaintes concernant les mauvaises conditions dans les fermes de fraises à Huelva, condamnant l’exploitation. Elles avaient affirmé avoir été forcées de travailler de longues heures, sans salaire.

Récemment, l’Organisation des Nations Unies avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conditions de travail des cueilleuses de fraise marocaines en exigeant du gouvernement et des entreprises espagnols de prendre des mesures rapides et concrètes en vue d’améliorer la situation des travailleurs immigrés dans ce pays. La région de Huelva, spécialisée dans la récolte des fraises et des framboises, attendait environ 16.500 travailleurs du Maroc pendant la saison 2020 mais la crise provoquée par la pandémie de coronavirus a réduit de moitié le nombre total des travailleuses saisonnières marocaines.


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