FIN DE LA GRÈVE DES ENSEIGNANTS, MAIS...

Retour en classe sous le signe de l’incertitude

Dans les quatre coins du Maroc, la reprise des cours aux écoles après trois mois de grève des enseignants sur le statut unifié est accueillie non pas avec un soupir de soulagement, mais avec un sentiment d’urgence critique et de frustration profonde. Les élèves, principales victimes de cette crise éducative, se retrouvent piégés dans un système qui semble avoir peu considéré les répercussions de cette longue interruption.


Certes, le ministère de l’Éducation nationale avait lancé un plan pour gérer le temps scolaire, incluant l’extension de l’année scolaire d’une semaine, l’adaptation des programmes scolaires pour une meilleure couverture des connaissances fondamentales, et le renforcement du soutien scolaire. Ce plan prévoit aussi la révision des dates et du contenu des examens unifiés et du contrôle continu, tout en donnant plus d’autonomie aux équipes pédagogiques locales pour adapter l’enseignement aux besoins spécifiques des établissements. Ces mesures restent toute-fois en deçà des attentes des élèves et de familles qu’on a contactées. «Nous sommes de retour, mais à quel prix ?», s’interroge Amine, un lycéen en préparation du baccalauréat dans la ville d’Oujda .

Comme lui, nombreux sont ceux qui voient cette reprise non pas comme une opportunité, mais comme un fardeau. La pression des examens, avec un programme compressé et un temps de préparation drastiquement réduit, pèse lourdement sur leurs épaules. “Directement après notre retour, on nous a demandé de passer les contrôles continus des différentes matières, sans même faire des cours et donc on ne maîtrise rien, en plus on a peur ” nous déclare Sara, bachelière dans un lycée publique à Fès. Si les élèves se sentent perdus et angoissés, c’est parce que “Certainement le niveau des élèves est gravement impacté par ces grèves nous assure l’expert en Politique Éducative et Ingénierie des Compétences, Mohammed Guedira. Ce dernier souligne que ce sont les compétences noyaux et centrales des élèves qui sont les plus touchées.


A savoir que les compétences noyaux et centrales des élèves englobent des aptitudes essentielles à leur développement global. Cela inclut la maîtrise de la lecture, de l’écriture, et des mathématiques, essentielles pour la compréhension et l’expression ainsi que le raisonnement critique, qui permet l’analyse logique et la résolution de problèmes, En plus des compétences sociales et émotionnelles, telles que la gestion des émotions, la communication et l’empathie, jouent un rôle fondamental dans leur épanouissement personnel et professionnel. Par ailleurs, “Les parents sont extrêmement préoccupés par l’impact de cette grève prolongée. Notre plus grande inquiétude est la manière dont cela affecte non seulement l’éducation, mais aussi le bien-être psychologique de nos enfants. Nous savons que l’interruption des cours a causé des retards significatifs dans le programme scolaire, ce qui est particulièrement préoccupant pour les élèves qui se préparent pour le baccalauréat.»

L’incertitude et la perturbation
La décision du ministère de l’Éducation de reporter les examens au mois de mars, bien que semblant offrir un délai, est reçue avec scepticisme. Noureddine Akkouri, porte-parole des parents, exprime un mécontentement croissant. «C’est une solution de facilité, un pansement sur une plaie béante. Nos enfants ont besoin de plus qu’un simple report d’examen pour combler les lacunes de plusieurs mois sans enseignement» nous assure Noureddine Akkouri, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Maroc. Si M.Akkouri affirme qu’Il est important de reconnaître que cette situation a un impact profond non seulement sur nos enfants, mais aussi sur les parents.

L’incertitude et la perturbation continue de l’éducation ont créé une atmosphère de stress et d’anxiété”, il déclare que le ministère a élaboré un plan que nous considérons comme le plus adapté dans les circonstances actuelles. Ce plan inclut un calendrier accéléré pour les contrôles, qui commenceront dès le mois de mars.» Une déclaration en contradiction avec les témoignages de plusieurs élèves et parents que nous avons eus.

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