LES MAROCAINS DU MONDE, UN VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT

Retour au bercail des Marocains de l'étranger

Alors que le royaume se développe sur tous les niveaux, beaucoup de Marocains résidants à l’étranger ont fait le choix, murement réfléchi, de se joindre au chantier de l’émergence de leur pays. Ils sont nombreux à avoir décidé de retourner s’installer au Maroc ou de piloter des projets depuis leur pays de résidence.


Leurs trajectoires et leurs parcours diffèrent, certes. Mais la diaspora marocaine a ceci de commun qu’elle reste particulièrement attachée à sa patrie, une tradition qu’elle cultive de génération en génération, malgré l’enchevêtrement des cultures et l’éloignement géographique. Leur dénominateur commun ? L’amour sincère porté au Maroc et la volonté de participer, de près ou de loin, à l’édification d’un royaume rayonnant et prospère.

Présidente de la startup franco-marocaine VelyVelo, leader dans le leasing du vélo utilitaire, spécialisée dans la mobilité urbaine durable, Asmaa Chakir Alaoui a toujours été animée par le désir de créer de la richesse au Maroc. « Hisser fièrement le drapeau national à travers le monde a toujours été mon rêve », raconte Mme Alaoui, qui a décidé d’ouvrir le marché marocain à sa startup en 2022, après 5 ans en France, à travers sa filiale Pycaleev, pensée comme « un hub logistique ». Une entreprise qui s’adresse aux professionnels de la livraison. « Le Maroc est la porte de l’Afrique et le voisin de l’Europe. On est en train de travailler avec le ministère de l’industrie pour ouvrir des lignes d’assemblage avec, à terme, une cinquantaine d’emploi créée à l’horizon 2025, en plus des salariés déjà à l’oeuvre actuellement », ajoute l’entrepreneuse, elle qui a en ligne de mire l’obtention du label « made in Maroc ».

Une philosophie que partage Mahjoub Bayassine, Marocain résident en France, à la tête du réseau Digital France School, un réseau d’écoles digitales solidaires gratuites, lequel a franchi le pas de l’installation au Maroc. Depuis novembre 2021, en partenariat avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la wilaya de la région Souss-Massa et divers acteurs économiques et institutionnels, l’école a réussi le lancement du premier cycle de formation au profit de 25 jeunes issus de la préfecture d’Agadir-Ida Outanane. Et l’ambition de M. Bayassine ne s’arrête pas là.

Le nombre de bénéficiaires de ces formations axées sur les métiers du digital doit être porté à 900 d’ici trois années, dans plusieurs endroits du royaume. « Mon engagement est à la fois social et économique. Former des jeunes vulnérables ou qui par accident se sont retrouvés éloignés des circuits éducatifs. Non seulement nous les formons mais nous les accompagnons également à l’emploi », assure le président de l’école. Seul critère d’entrée pour profiter de la formation : être motivé. Une démarche inclusive qui a pour objectif de démontrer que les Marocains sont talentueux, à la seule condition de leur offrir des outils pour s’épanouir. Répondre aux besoins des entreprises marocaines fait également partie des objectifs du projet. « Ce qui me fait courir, ce n’est pas l’argent mais de contribuer, de là ou je suis, à la création de la richesse dans mon pays », assure-t-il.


Démarche inclusive
Dirigeante chez Emberton Group et vice-présidente de MeM by CGEM, Fatima Boussala se rend toutes les trois semaines au Maroc. Son entreprise est spécialisée dans les études de consommation et l’analyse des comportements de consommation et neuromarketing. «Je voulais créer de l’emploi avec un impact social fort. Avec 15 salariés aujourd’hui, l’ambition serait de porter ce nombre à 80 dans le cadre du plan de développement», promet la mère d’un garçon de la quatrième génération qui prévoit de retourner vivre au Maroc. L’intérêt financier est-ce une source de motivation majeure ? «Oui, mais l’amour du pays passe bien avant», répond-elle.

Victime du plafond de verre en France, Wafa Rhallam a trouvé au Maroc un terrain propice pour se réaliser professionnellement. Rentrée au Maroc en 2016, elle est aujourd’hui CEO de la société VISIOPROCESS, laquelle a développé le logiciel SMARTGLOBE, une solution informatique qui collecte, analyse et agit en temps réel et à distance sur la consommation énergétique d’un ou de plusieurs bâtiments en simultané, avec des économies d’énergies pouvant atteindre 40%. Forte de son expérience marocaine, Mme Rhallam «encourage la diaspora à profiter des atouts qu’offre le royaume». 

Le sport n’est pas en reste. Ex international franco-marcain, Jawad El Hajri souhaite bientôt mettre à la disposition du Maroc son concept, dans lequel il y voit « un vecteur de cohésion sociale et d’insertion professionnelle par le sport ». Il s’agit du projet sportif Teqball, basé sur un équipement sportif pluridisciplinaire, une table incurvée qui permet la pratique de 5 sport sur le même équipement. En tant que membre de la fédération internationale de teqball et membre fondateur, il entend se déployer dans son pays d’origine et milite « pour que le Maroc accueille une coupe du monde de la discipline ».

Des petits ruisseaux, éparpillés à travers le monde et qui, in fine, alimentent le fleuve Maroc.

Articles similaires