Retard du déblocage de la 3ème tranche du RAMED

Le calvaire des familles marocaines se poursuit

Le retard, pour le moment injustifié, plonge plus de 4 millions de familles dans la misère et l’indigence. Il s’agit, essentiellement, des familles dans le milieu rural et le milieu urbain défavorisé.

Alors que la fête du mouton approche, (elle est prévue le 31 juillet 2020), les familles marocaines fortement impactées par la crise du Covid-19 ne savent plus à quel saint se vouer. Face au retard de la distribution de la troisième tranche des aides financières publiques destinées aux personnes titulaires de la carte Ramed, ces familles broient du noir et voient leur situation se dégrader très sérieusement. Personne ne comprend pourquoi l’Etat a mis beaucoup de temps à débloquer la troisième tranche alors que le Comité de veille économique, présidé par le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Benchaâboun, avait fixé le 15 juin 2020 comme date de déblocage de cette tranche, au même titre que la troisième tranche de la CNSS.

Or, on est déjà le 7 juillet et les familles ne voient rien venir. Un tel retard plonge plus de 4 millions de familles dans la misère et l’indigence. Il s’agit essentiellement des familles dans le milieu rural et le milieu urbain défavorisé. Outre la fête du mouton, les familles vulnérables affrontent d’autres problèmes qui ont ressurgi après le déconfinement: loyers retardés, crédits reportés, factures d’eau et d’électricité avec des niveaux de consommation élevés.

Autant de dépenses qui se sont accumulées au fil des mois avec néanmoins une activité économique qui ne s’est pas améliorée. Rappelons que les sommes proposées pour la première et la deuxième tranches sont comprises entre 800 et 1.200 dirhams selon le nombre de personnes à charge dans la famille. Seulement, au fil de deux mois de soutien (mars et avril), les problèmes touchant au fonctionnement de ce système commencent progressivement à émerger.

Milieu défavorisé
On parle ainsi d’irrégularités voire de trafic dans l’attribution des cartes Ramed qui auraient profité à des personnes aisées disposant de revenus conséquents. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, avait reconnu, par le passé, lors d’une récente intervention devant la Chambre des représentants, que beaucoup de ménages, qui n’ont pas besoin de ces aides, ont pu injustement en profiter, pénalisant ainsi les familles qui en ont besoin. Cela a créé, sans aucun doute, un sentiment d’injustice chez beaucoup de Marocains qui n’ont pas hésité, via les réseaux sociaux et les plateformes électroniques, à exprimer leur colère, étalant toute leur misère au public.

Ces Marocains, lésés, ont adressé leurs réclamations au ministère de l’intérieur qui aurait reçu plus de 2 millions de lettres de réclamations. Le ministre de l’intérieur annonce avoir accepté 800.000 doléances qui sont en cours d’être prises en charge pour leur indemnisation par l’Etat. En revanche, pour les personnes qui ont reçu les aides sans toutefois les mériter ainsi que leurs complices, elles sont visées par une enquête à grande échelle menée par les administrations territoriales du ministère de l’Intérieur.


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