Une bonne résilience et une stratégie de croissance payante

Résultats opérationnels et financiers du Crédit du Maroc en 2020

Dans un contexte de crise, le Crédit du Maroc affiche au terme de l’exercice 2020 un résultat net part du groupe en baisse à 190,3 MDH. Tournée vers l’avenir, la banque se fixe des objectifs en termes de perspectives de croissance dans le cadre de son plan stratégique “Tajdid” à l’horizon 2023.

La crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 et celle économique qui s’en est suivie a contraint la filiale du Crédit Agricole S.A. à s’adapter en 2020. Elle s’en est bien sortie en dépit de la hausse du coût du risque et un taux de couverture des créances en souffrance de 93% des créances en souffrance. Résultat: une résilience de bonne facture, comme la qualifie Karim Diouri, membre du directoire du Crédit du Maroc en charge du pôle Développement, qui lui a permis de traverser la crise durant cette année avec très peu de dégâts et surtout avec des indicateurs qui laissent entrevoir une ambition de se surpasser dans les deux années à venir.

Au final, le résultat net part du groupe est toujours positif (190 millions de dirhams) mais en baisse de 62,6% par rapport à 2019, impacté par un coût du risque en hausse de 124,7% à 721,7 MDH et le don au fonds Covid-19 (85 millions de dirhams), explique, lors d’un webinaire mardi 2 mars 2021 consacré aux résultats commerciaux et financiers 2020, Bernard Muselet, président du directoire du Crédit du Maroc.

PNB résistant
Le PNB (Produit net bancaire) consolidé s’est montré résistant, puisqu’il n’a baissé que de 0,9% pour atteindre 2,38 milliards de dirhams, recouvrant une hausse de la marge nette d’intérêt de 0,3%, une progression du résultat de l’activité de marché de 5,4% grâce à une bonne tenue de l’activité de change et une baisse de la marge sur commissions de 8,1%. Une résilience qui peut être considérée comme une performance opérationnelle et financière en ces temps de crise. Car somme toute, à fin 2020, les encours des crédits ne sont inscrits qu’en légère baisse de 0,7%. Les crédits particuliers se sont globalement stabilisés avec une chute de 0,4% nonobstant la baisse des crédits consommation de 9,8% dus à l’augmentation du chômage et partant une baisse de la demande.

Une tendance qui est en train de se renverser concernant aussi bien la marge nette d’intérêt que la marge sur commissions, selon M. Muselet, depuis la fin de l’année 2020, ce qui en fait un vecteur de croissance pour l’année 2021 et au-delà. Dans le détail, l’encours des crédits habitat (tirés par une croissance exponentielle du financement participatif d’Arreda) s’est accru de 2,1%. Les crédits aux entreprises se sont globalement contractés de seulement 0,3%. En revanche, les crédits court terme augmentent de 10,1%. Ce qui témoigne de l’engagement de la banque dans les produits garantis par la CCG (Caisse centrale de garantie) lancés en période de coronavirus: Damane Oxygène (plus de 500 dossiers accordés pour 624 millions de dirhams), Damane Relais (493 dossiers et un peu plus de 1 milliard de dirhams), sans oublier les crédits du programme Intelaka.

«Nous sommes optimistes. Si la relance n’est pas encore vraiment là, elle s’organise au moins. Nous gageons que ce rebond se reproduira», conclut Bernard Muselet qui assure que le plan stratégique «Tajdid» se fixe désormais des perspectives de croissance ambitieux en 2023 avec notamment un PNB en croissance de plus 10%.