Réseaux sociaux : Menace sur les féministes


Ghizlane Mamouni, la présidente de l’association Kif Mama Kif Baba; l’écrivaine maroco-française Leïla Slimani; ou encore l’activiste du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), Betty Lachguar. Au total, elles ont été vingt-deux personnalités marocaines féministes ou perçues en tant que telles à avoir vu leur nom figurer dans une liste largement relayée dans les réseaux sociaux et dont l’objectif est de les mettre ouvertement à l’index.


Derrière, des comptes, pour la plupart anonymes, qui sont allés jusqu’à les prendre directement à partie, en raison de leurs positions progressistes eu égard au chantier en cours de révision de la Moudawana, c’est-à-dire du code de la famille. Une consoeur du journal électronique “Morocco World News”, dont le rédacteur en chef, Adnane Bennis, a également été ciblé, a carrément reçu un message annonçant que sa publication ferait l’objet de la même attaque qui, en janvier 2015, avait ciblé l’hebdomadaire satyrique français Charlie Hebdo, faisant douze victimes sous les balles de l’organisation d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique.

Du terrorisme pur et dur, comme l’a condamné, dans un post publié sur sa page Facebook, la poétesse Karima Nadir, elle aussi mentionnée dans la liste et qui a d’ores et déjà annoncé qu’un certain nombre de plaintes avaient été déposées auprès de la justice. “Ces attaques sont extrêmement graves; les militantes se trouvent exposées à des messages et commentaires comprenant des injures, des menaces et des appels à la mort”, a-t-elle fustigé. Rien, en somme, qui ne relève de l’islam tolérant et du juste milieu du Maroc.

Articles similaires