La police démantèle un réseau d’avortement illégal

Mohamed Nouar, propriétaire de la clinique ennakhil, à marrakech, arrêté

Bien connu dans le milieu médical à Marrakech, Mohamed Nouar, gynécologue obstétricien, et sa clinique étaient suivis de très près par la police depuis déjà quelque temps après le dépôt contre lui de nombreuses plaintes.

Un scandale médical vient d’éclater à Marrakech. Les éléments de la police judiciaire de cette ville ont procédé, mardi 23 juin 2020, à l’arrestation de 11 personnes impliquées dans une affaire d’avortement illégal. Il s’agit, en premier lieu, d’un médecin, Mohamed Nouar, 77 ans, gynécologue-obstétricien et propriétaire de la clinique Ennakhil, située dans le prestigieux quartier Guéliz. Ont été aussi arrêtés quatre infirmières et six clientes de la clinique, dont une mineure de seulement 17 ans. Poursuivi pour la pratique courante d’avortement illégal, détournement de mineur et adultère, le médecin risque, en effet, gros. Bien connu dans le milieu médical à Marrakech, ce septuagénaire et sa clinique sont suivis de très près par la police depuis déjà quelques temp après le dépôt contre lui de nombreuses plaintes émanant de victimes de la clinique.

Interdiction d’exercer
Parmi les six clientes arrêtées, on compte deux femmes qui ont, par le passé, subi des opérations chirurgicales clandestines d’avortement au sein du même établissement. Une femme enceinte, qui effectuait des analyses dans la clinique et qui s’apprêtait à subir un avortement illégal, a été également mise aux arrêts.

Selon des sources policières, huit des mis en cause ont été placés en garde-à-vue, alors que la mineure a été placée sous contrôle policier. Les mêmes sources indiquent que deux patientes ont été soumises à l’enquête préliminaire ordonnée par le parquet compétent afin d’élucider les tenants et aboutissants de cette affaire et déterminer les circonstances entourant ces actes illégaux.

Il faut dire que cette affaire survient en pleine période de confinement, qui a connu une hausse importante des grossesses indésirées (voir notre article L’IVG médicamenteuse menace la santé des Marocaines, publié dans l’édition digitale numéro 52 de Maroc Hebdo au quotidien). Le recours à l’avortement illégal est, ainsi, devenu une pratique inévitable mais néanmoins trop risquée pour ces femmes portant des grossesses indésirées. Mais la pratique, en elle-même, est très ancienne et, pour certains, elle est ancrée dans la société marocaine, malgré tous les risques encourus.

A Marrakech, deux médecins gynécologues qui s’adonnaient à cette pratique ont été condamnés, en avril 2019, à deux ans de prison ferme en plus de l’interdiction d’exercer la profession pendant dix ans. D’autres affaires similaires ont été jugées dans plusieurs tribunaux du Royaume. Selon Chafik Chraïbi, célèbre gynécologue à Rabat et président de l’association marocaine de lutte contre l’Avortement clandestin, «plus de 800 avortements illégaux sont pratiqués chaque année au Maroc».


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