Le réquisitoire accablant de Driss Jettou

Rapport 2018 de la cour des comptes

Le dernier rapport de la Cour des comptes dénonce avec force la mauvaise gestion des deniers publics.

Pour améliorer la gestion des fonds publics, les magistrats de la Cour des comptes, et à leur tête Driss Jettou, nous délivrent périodiquement toute une série de griefs à l’égard de plusieurs organismes publics et de collectivités locales et dont le fonctionnement laisse à désirer. Ainsi, le rapport 2018 n’a pas manqué de mettre le doigt sur les dysfonctionnements constatés au sein de certains de ces organismes.

Dysfonctionnements qui ont pour nom manque de stratégie, absence de transparence dans la passation de marchés publics, contrats de gré à gré, mauvaise gouvernance, non respect des procédures, etc. Les différents contrôles effectués par la Cour des comptes donneront lieu à pas moins de 8 poursuites pénales et à 114 mesures disciplinaires.

Parmi les organismes audités figurent deux organismes appartenant au secteur de l’audiovisuel: la SNRT et la Soread-2M, ainsi que trois organismes chargés de la couverture sociale: l’Agence nationale de l’assurance maladie (AMO) et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS), sans oublier la Caisse Nationale de Sécurité sociale (CNSS). Figurent aussi dans cette longue liste deux organismes qui veillent sur les comptes publics, à savoir la Direction du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE) et la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Suivis d’une entreprise publique du secteur financier qui a pour nom Maroclear, le dépositaire central des titres.

Dysfonctionnement
Les magistrats de la Cour des comptes se sont aussi intéressés à un organisme chargé de veille sanitaire sur les produits alimentaires et qui n’est autre que l’ONSSA. Leur contrôle s’est intéressé aussi bien au plan national de reboisement qu’à la Direction des prisons, sans oublier le ministère du Transport et de l’équipement, celui de la Culture, celui de la Jeunesse et des sports, celui de la Famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, sans oublier l’École nationale d’Architecture de Rabat. Même l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) n’a pas été épargné, puisque la mission de la Cour des comptes s’est focalisée sur cinq volets principaux, à commencer par la planification de l’activité minière et l’impact sur l’environnement du traitement des phosphates en passant par la constitution de la réserve d’exploitation et le planning de la production.

Dans sa réponse, le PDG du groupe prend acte de «la pertinence des observations de la mission et s’attelle dans l’immédiat à les prendre en charge». Surtout que son passage est intervenu à une période où le groupe était en pleine mutation. Il n’empêche que des avancées ont été réalisées depuis lors.

Parmi les autres réactions des responsables des organismes publics audités, celle adressée par Mohamed Saleh Tamek, délégué général de la Direction des prisons, aux magistrats de Driss Jettou, se distingue par sa virulence. Estimant, notamment, que les dysfonctionnements constatés par la Cour des comptes n’ont aucune relation avec la dilapidation des deniers publics. Dont acte.

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