Reprise du tourisme au Maroc : Des chiffres qui rassurent

La réouverture des frontières aériennes et maritimes favorise une relance du secteur touristique, qui commence à sortir de l’ornière. Une reprise qui risque d’être freinée par le maintien d’un protocole sanitaire exigeant dans les aéroports.

Plus de deux mois après la réouverture des frontières, les professionnels du tourisme commencent à sortir la tête de l’eau. Et les dernières statistiques dévoilées par l’Office national des aéroports (ONDA) le prouvent amplement. Les aéroports marocains ont accueilli 2,2 millions de passagers via 21.330 vols aériens entre le 7 février et le 31 mars 2022. L’aéroport Mohammed V de Casablanca occupe la tête du peloton durant ce même mois avec 565.484 passagers acheminés par 5.330 vols, soit 71% du trafic en 2019. Rien qu’au mois de mars, ils ont enregistré un volume de trafic commercial de plus d’1,4 million de visiteurs en 13.543 vols, soit un taux de récupération de 70% pour les passagers et 80% pour les mouvements aéroportuaires par rapport à la même période en 2019.

Nouvelles liaisons
«Ce taux dépasserait les 100% pour plusieurs aéroports, notamment celui de Tanger (104%), Nador (104%), Al Hoceima (106%), Oujda (108%), et de Tétouan (537%)», précise-t-il. D’après l’ONDA, tous les marchés ont enregistré des taux de récupération supérieurs à 65% hormis ceux d’Amérique du Sud et des pays du Maghreb. Même l’Europe, qui représente 82% du trafic international des aéroports marocains, a enregistré un taux de récupération de 66% par rapport à la situation d’il y a trois ans.

Cerise sur le gâteau, 48 nouvelles lignes seront lancées durant l’été 2022, notamment deux à l’aéroport Mohammed V, 12 à Marrakech, 11 à Agadir et 9 à Nador, révèle l’office. Plusieurs compagnies ont d’ailleurs décidé de renforcer leurs offres à destination du Royaume. L’espagnole Iberia a récemment annoncé l’ouverture de six nouvelles liaisons durant la prochaine saison estivale. Des vols qui débarqueront dans les aéroports de Casablanca, Nador, Tanger et Tétouan. Nador sera le plus desservi du 25 juillet au 1er septembre avec trois lignes en partance des aéroports Alicante-Elche, Palma de Majorque-Son Sant Joan et Malaga-Costa del Sol, en raison de deux vols par semaine.

Casablanca recevra quatre vols par semaine depuis Malaga à partir du 1er juin, Tanger accueillera deux vols par semaine du 3 juin du 2 septembre, tandis que Tétouan sera desservi depuis Malaga du 4 juin au 3 septembre à raison de deux vols par semaine. Embellie dans les airs. Réjouissance dans les mers. Rouvert aux passagers et aux véhicules les 12 et 18 avril 2022, le trafic maritime affiche lui aussi des chiffres rassurants. Environ 4.000 voyageurs et 922 véhicules avaient embarqué, le 18 avril, à bord des ferries depuis les ports espagnols d’Algésiras et de Tarifa à destination de Tanger-Med. D’après les autorités portuaires espagnoles, dix rotations ont été effectuées depuis le premier port et six depuis le second durant la même journée.

Nouvelle campagne ONMT
L’Office national marocain du tourisme (ONMT) souhaite justement surfer sur cette vague ascendante. Il a lancé le 22 avril 2022, à Rabat, la nouvelle marque internationale «Maroc-Terre de lumière». Une campagne qui ciblera simultanément 19 marchés, dont cinq marchés stratégiques pour le Royaume, l’occurrence la France, l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, mais aussi le Moyen- et Proche-Orient, Israël et l’Afrique.

D’après l’ONMT, cette marque cible les touristes internationaux dont la tranche d’âge varie entre 25 et 59 ans, qui ont un intérêt pour l’art, les expériences culturelles, la nature et le patrimoine rural, les plages et les activités de loisirs. «Cette campagne, en rupture totale avec les codes traditionnels, constitue un tournant dans la communication de la destination. Elle lui donne un nouveau souffle, en s’adressant notamment à une cible plus jeune, plus dynamique, plus connectée et en constante demande d’inattendu et de découverte», indique l’organisme dirigé par Adel El Fakir, qui a déployé ses équipes sur les quatre continents pour séduire cette niche.

Une initiative certes salutaire, mais qui risque de ne pas avoir les résultats escomptés tant que le pass vaccinal et le test PCR négatif continueront d’être exigés aux touristes qui débarquent au Maroc. Au gouvernement de lever cette entrave.