La répression, avec tirs à balles réelles, fait un mort et plusieurs blessés

Manifestation pour l'accès à l'eau potable au sud de l'Algérie

La junte militaire algérienne est déstabilisée. Elle voit en chaque manifestation une contestation du pouvoir en place. Ce qui s’est passé hier, lundi 15 juin 2020, à Tinzaouatine, en témoigne. Une manifestation pacifique des habitants de cette commune frontalière avec le Mali, à environ 550 km au sud-ouest de la wilaya de Tamanrasset (sud de l’Algérie). L’objet: accéder à l’eau potable. Un droit humain des plus élémentaires. Puis, la gendarmerie intervient, violemment. Les manifestants ont été violemment réprimés et dispersés à l’aide de balles réelles et en caoutchouc. Et pourtant, ils n’ont demandé qu’un droit fondamental: de l’eau potable. Le drame fait 1 mort et plusieurs blessés graves.

En marge de la manifestation, une vidéo a été filmée à l’adresse du président algérien, Abdelmadjid Tebboune. À travers ce message diffusé par l’intermédiaire des réseaux sociaux, les manifestants ont fait état des souffrances engendrées par le manque d’approvisionnement en eau tout en l’interpellant sur les projets qui devaient être réalisés dans la région mais qui n’ont jamais abouti. Ils laissent savoir en outre que des courriers ont été envoyés aux responsables du secteur mais “en vain”. La commune de Tinzaouatine souffre d’un manque d’approvisionnement en eau notamment après l’instauration d’une barrière en fil barbelé qui a isolé les habitants de leur source principale d’eau: El oued.

Ce mardi, 16 juin, encore une manifestation. L’eau n’est plus au centre des revendications. Cette fois, les citoyens de cette ville réclament justice et dignité et la délimitation des responsabilités dans la mort d’un des leurs et la blessure de plusieurs d’entre eux. Si la manifestation était, pour les habitants de cette ville isolée et marginalisée du pays, pour attirer l’attention des autorités sur les problèmes dont souffre leur région, pour l’establishment algérien, aveuglé par le pouvoir et les pétrodollars mais hanté par la crise économique et la chute de la valeur du dinar, elle ne diffère pas de toute autre manifestation de contestation.


Laisser un commentaire

X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger