Réouverture des frontières : La voie de la raison

Au bout de près de deux mois de fermeture, le territoire national pourra enfin bientôt recevoir les voyageurs en provenance de l’étranger.

Enfin le gouvernement Aziz Akhan- nouch semble revenir à la raison. À partir du 7 février 2022, les fron- tières nationales seront rouvertes. C’est ce que vient d’annoncer l’Exécutif lui- même ce 27 janvier 2022. Une décision à la- quelle plus grand-monde ne semblait croire. Il faut dire que les responsables gouverne- mentaux n’avaient rien fait pour balayer les rumeurs d’un maintien de la fermeture des frontières.

Protocole sanitaire strict
Dernier d’entre eux, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. De passage, le lundi 24 janvier 2022, à la Chambre des repré- sentants, il avait reconnu que “c’est important de rouvir” mais avait aussi ajouté que “c’est important aussi de prendre en considération nos conditions et situations médicales, car l’ob- jectif est clair: il s’agit de rouvrir, mais avec les conditions de sûreté pour tous”. “Nous sommes en train de sortir du pic, mais les chiffres font peur,” avait-il poursuivi. Rien qui ne laissait donc vraiment présager la décision prise trois jours plus tard par le gouvernement.

En même temps, la marge de manœuvre de ce dernier s’est fortement réduite. La crise économique s’installe. Dans le secteur touris- tique, les opérateurs continuent de faire fail- lite par milliers. Le mercredi 26 janvier 2022, plusieurs d’entre eux se sont d’ailleurs donné rendez-vous devant le siège du ministère du Tourisme, à Rabat, pour protester.

De sources concordantes, la majorité de l’équipe de M. Akhannouch s’est, au fur et à mesure, rangée à l’idée de rouvrir les frontières. Seul semble continuer de faire exception le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb. Dans des déclarations à la presse, il avait indiqué que la décision de la réouverture des frontières n’était pas de son ressort.

Ce qui est vrai dans l’absolu, mais le concerné s’était gardé d’ajouter qu’il militait contre elle. D’un point de vue purement sani- taire, personne ne pourra bien sûr mettre en question le fondement de sa position. Tou- tefois, celle-ci ne tient pas la route aux plans économique et social, dont le gouvernement Akhannouch doit également tenir compte.

M. Aït Taleb tiendrait toutefois à l’établissement d’un protocole sanitaire strict aux entrées et aux sorties du territoire, à l’instar de ce qui avait prévalu avant la fermeture des frontières. En gros, nécessité de disposer d’un pass vac- cinal, en plus d’un test négatif. Ce qui, en termes de mise en œuvre, ne devrait pas poser problème. En tout cas, il était plus que temps, sans doute.

C’est surtout et aussi une bonne nouvelle pour les milliers de Marocains blo- qués à l’étranger depuis la fermeture des fron- tières le 9 décembre 2021. En dépit des nom- breuses annonces, les vols de rapatriement à leur profit ont été rares et seuls les plus aisés d’entre eux ont pu rentrer au bercail en usant de jets privés.