Rentrée scolaire 2022, quelles nouveautés ?

Chakib Benmoussa annonce 3 changements pédagogiques

C’est parti pour la rentrée scolaire. Les enfants rejoignent les écoles plus tôt que l’année dernière, les parents se plaignent d’une augmentation sans précédent des prix des fournitures et le ministère de tutelle mise sur la feuille de route de la réforme du système éducatif 2022-2026.

Pour les élèves et les étudiants, la rentrée scolaire 2022-2023 s’annonce sous les signes d’un retour à la vie normale. Plus de 8 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, encadrés par plus de 290.000 enseignants, sont de retour sur les bancs de l’école ce septembre, contrairement à l’année dernière où ça n’a commencé qu’en octobre à cause de la pandémie.

Aujourd’hui, heureux et prêts pour une nouvelle année, ils ne portent plus de masques et le protocole sanitaire n’est plus obligatoire comme avant. Toutefois, ce qui marque réellement, cette rentrée, c’est la nouvelle feuille de route de la réforme du système éducatif 2022-2026. Pour Noureddine Akkouri, président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves du Maroc, «la pandémie a eu des impacts négatifs sur la performance des élèves et a accentué les inégalités éducatives déjà largement répandues. Nous aspirons donc que cette nouvelle feuille de route permettra de dépasser ce problème et de garantir une pédagogie adéquate aux élèves, un cadre et une formation continue aux enseignants qui leur permettent de se stabiliser et, finalement, une école de qualité qui pourrait attirer les élèves».

Nouvelles approches pédagogiques
Le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa, à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la présentation des nouveautés de cette rentrée scolaire, mardi 6 septembre 2022, a souligné que «la question de la qualité de l’école marocaine est une priorité absolue et un objectif ultime pour lequel tous les efforts et toutes les énergies seront réunis afin de garantir un enseignement de qualité avec des chances égales pour tous les élèves». C’est ainsi qu’il a annoncé 3 changements pédagogiques majeurs, à savoir, d’abord, l’inclusion de trois activités régulières dans l’école primaire qui concernent la lecture, les mathématiques et les activités motrices, en consacrant dix minutes à la lecture au début de chaque séance d’arabe et de français dans l’enseignement primaire, 10 minutes aux exercices au début de chaque séance de mathématiques afin de maîtriser la matière et vingt minutes aux activités motrices trois fois par semaine sur la base du manuel d’éducation physique préparé par le ministère, va-t-il ajouté. S’agissant du soutien pédagogique, le ministre a précisé que l’approche pédagogique selon le niveau approprié (TARL, Teaching at the right level) sera adoptée au primaire, expliquant que cette approche repose sur un traitement ciblé des problèmes scolaires selon les besoins afin de permettre aux élèves d’acquérir les apprentissages de base nécessaires à la poursuite réussie de leur parcours scolaire.

Le projet, qui s’étendra jusqu’à décembre, concernera durant le premier semestre 250 écoles primaires dans les milieux rural et urbain et bénéficiera à 10.000 élèves encadrés par 600 professeurs formés, a-t-il enchaîné. Après avoir été évalué et modifié, ledit projet sera élargi au cours du deuxième semestre pour profiter à 100.000 élèves encadrés par 6.000 enseignants formés, selon M. Benmoussa qui a promis d’accompagner ce projet pédagogique et de mesurer son impact sur les élèves dans la perspective d’atteindre un million de bénéficiaires au cours de l’année scolaire 2024-2025.

Le numérique au service des sciences
En ce qui concerne le soutien et le développement de l’enseignement des matières scientifiques dans l’enseignement secondaire collégial, le ministère de tutelle lancera une opération pilote dans 250 lycées-collégiaux dans le but d’améliorer l’apprentissage des élèves par l’utilisation de ressources numériques dans l’enseignement des mathématiques, des sciences physiques et des sciences de la vie et de la terre. Afin d’atteindre ce but, le ministère veillera aussi à préparer les équipements nécessaires et les contenus numériques et scénarii pédagogiques de soutien, ainsi qu’à renforcer les capacités des professeurs et inspecteurs en matière d’utilisation des ressources numériques dans l’enseignement des matières scientifiques, a-t-il poursuivi. Pour ce qui est des professeurs, le ministre a prévu le recrutement d’environ 20.000 enseignants et enseignantes dans les académies régionales d’éducation et de formation en octobre prochain, précisant que cet axe est divisé en deux parties, à savoir la formation de base et la formation continue.

S’agissant de la formation de base, une attention particulière doit être accordée à l’aspect pratique à partir de la première année, tandis que la formation continue porte sur l’amélioration de la pratique pédagogique à l’intérieur de la classe, a-t-il détaillé. Le ministère de l’enseignement compte d’ailleurs continuer sa lutte contre le décrochage scolaire à travers la mobilisation pour l’inscription précoce des élèves, en facilitant l’opération d’inscription, en adoptant la numérisation, en menant des actions de sensibilisation et en mobilisant les autorités compétentes pour cibler les élèves non-inscrits ou ceux qui n’ont pas encore été inscrits dans tous les cycles d’enseignement en parallèle avec la caravane de l’éducation informelle. Une opération pilote de ces activités régulières sera lancée dans environ 800 écoles primaires à partir du premier semestre de l’année scolaire en cours, avant d’être généralisée dans le reste des établissements d’enseignement primaire au second semestre.