Rentrée scolaire 2020-2021 : le poisson noyé de Amzazi suffoque!

Le ministre de l'Éducation est de mauvaise humeur! Au parlement comme dans les médias, Saïd Amzazi déclare que certaines de ses décisions majoritairement floues et incompréhensibles restent indiscutables. Report de l'entrée scolaire, fixation d'un mode d'enseignement précis, ou encore annulation de l'examen régional du Baccalauréat, le ministre refuse de trancher, a-t-il peur d’assumer ? Il dit non, mais tout le monde entend oui!

La situation épidémiologique due au Coronavirus dans notre pays semble perturber nos décideurs. Difficile mais surtout sensible à gérer, la crise sanitaire a levé le voile sur la mauvaise gestion de plusieurs départements de notre gouvernement, notamment celui de l’Education nationale dirigé par Saïd Amzazi. Avec des décisions absurdes manquant de précisions, le ministre de l'Education nationale peint le tableau d'une rentrée scolaire fructueuse.

Critiqué par les parlementaires concernant sa décision catégorique de maintenir la date de la rentrée scolaire au 7 septembre 2020 au lieu de prévoir un report de quelques mois qui permettra une meilleure visibilité de la crise sanitaire au Maroc, Amzazi a répondu niet. Particulièrement soucieux des acquis des élèves, le ministre a estimé qu’un report peut avoir de mauvaises répercussions sur les compétences cognitives des enfants. Pour répondre au défi de la reprise des cours en protégeant les enfants du risque de contamination par le Covid-19, Amzazi a établi trois scénarios laissant ainsi les parents d'élèves dans une situation délicate. Le ministre demande ainsi aux parents de choisir d'envoyer leurs enfants à l'école pour des cours en présentiel, de les garder à la maison pour un enseignement à distance, ou d'alterner entre les deux modes en fonction de la situation pandémique. Cette volonté de faire participer les parents d'élèves à la prise de décision est un moyen de les sensibiliser quant à l'ampleur de la crise actuelle, a expliqué le ministre. Amzazi est-il cependant sûr de mettre les moyens pouvant répondre aux trois scénarios en suivant le choix des parents?

Pour faire simple, prenons le premier scénario, l'enseignement à distance demande des moyens technologiques et de connectivité qui restent inaccessibles pour plusieurs enfants et enseignants, ayant déjà fait la mauvaise expérience d'adopter ce mode d'enseignement en période de confinement, sans succès prouvé. Le ministère compte t-il fournir les matériaux nécessaires à l'application de l'enseignement à distance dans les écoles publiques et pour les familles défavorisées? Mieux encore, que prévoit Amzazi pour restructurer les enseignants incapables de s'adapter à ce mode d'enseignement par manque de maîtrise des outils technologiques et informatiques? Où en est le dossier des parents qui refusent de payer des écoles privées pour un enseignement à distance qui implique, selon eux, moins de charges pour ces établissements? Où sont les chiffres attestant de l'efficacité de ce mode d'enseignement, décrit par Saïd Amzazi comme le mode sauveur de l'éducation nationale en cette période de crise. Pas de réponse.

Le présentiel comme deuxième scénario reste également compliqué en l'absence d'un protocole clair où le ministère se doit de sortir de sa coquille de donneur d'ordres pour devenir un contributeur actif dans la mise en route d'une rentrée scolaire équilibrée. Prévoit-on des tests pour les enseignants et administrateurs? Le ministère prendra en charge les enfants contaminés dans les établissements, ou finalement l'idée de laisser le choix aux parents implique l'obligation d'assumer les conséquences d'une pandémie mondiale? Le ministre veillera t-il au contrôle continu du respect des mesures sanitaires dans tous les établissements du royaume? Là encore, on en sait rien, choisissez et assumez!

En dernier lieu, le mode hybride censée épouser deux modes totalement incohérents. Ne faut-il pas se concentrer sur un seul mode d'enseignement et mettre tous les moyens nécessaires pour le réussir? Ne serait-il pas plus rassurant pour les parents d'élèves, enseignants et administrateurs de communiquer avec un ministère qui sait faire des choix et assumer toutes les responsabilités?

Dans tous les cas, même les établissements privés ayant préparé dans le flou, une feuille de route pour démarrer cette année scolaire attendent jusqu'à aujourd’hui l’approbation du ministère de l’Éducation. Quant à l'examen régional du baccalauréat, son report dépourvu de sens inquiété les parents et élèves. Le ministre dément toute annulation mais ne donne aucune visibilité aux élèves qui doivent entamer leur année difficile en terminal en ignorant ce qu’adviendra des 25% de la note globale de leur baccalauréat.

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