UNE RENTRÉE PAS COMME LES AUTRES

LE GOUVERNEMENT DOIT À TOUT PRIX ÉVITER DE REMETTRE LE PAYS SOUS CLOCHE.

Partout dans le monde, épidémie de Covid-19 oblige, la rentrée scolaire et universitaire, d’une part, et la rentrée économique et sociale, d’autre part, ressemblent à un véritable casse-tête cette année. Le Maroc ne fait pas exception à la règle. L’incertitude demeure en raison de la pandémie du coronavirus. Pour le gouvernement, toute la question est de savoir comment trouver le bon dosage entre cette rentrée marquée par le rebond du virus Covid-19, contre lequel il faut prendre des mesures contraignantes, d’une part, et, de l’autre, inciter les citoyens à reprendre une vie normale pour éviter de gripper davantage l’économie. Conscient des dégâts provoqués par le confinement généralisé, le gouvernement doit à tout prix éviter de remettre une nouvelle fois le pays sous cloche. Tout doit être fait, alors, pour reprendre le chemin du travail, de l’école, mais aussi pour retrouver une vie sociale et culturelle tout en se protégeant.

Tout est prêt, nous disent les responsables, pour cette rentrée scolaire qui risque, néanmoins, d’être entrecoupée d’épisodes localisés de fermeture d’écoles liées au Covid-19. Pour nos responsables, il ne faut pas s’inquiéter outre mesure puisque notre dispositif de protection sanitaire est strict. Le port obligatoire du masque, ainsi que le respect des barrières sociales sont là pour protéger aussi bien les élèves que les enseignants et autre personnel administratif.

La mise en place, dans certains cas, d’un enseignement mixte (sur place et à distance) est plus que jamais à l’ordre du jour. Ce qui n’est pas pour rassurer tous les parents, tout aussi partie prenante de la rentrée que les élèves et les enseignant. La plupart devront retourner masqués au travail en s’inquiétant pour leurs enfants à l’école... surtout si la circulation du virus reste active. Des retours possibles de l’école à la maison ne sont pas, alors, à exclure.

Une rentrée, également, à nulle autre pareille pour les opérateurs économiques. Rarement, en effet, une rentrée a semblé si périlleuse pour les entreprises, qui ont pris de plein fouet la mise à l’arrêt de l’économie pendant plusieurs semaines en raison du coronavirus. Fragilisées, elles vont devoir vivre encore pendant une durée indéterminée avec la crise sanitaire, qui perturbe leur activité et leur organisation. C’est dans ce contexte de rentrée si particulière qu’elles doivent compter sur leurs propres forces.

Seront-elles, toutes, capables de tourner la page du virus et éviter les faillites en chaîne et un effondrement général, lorsqu’on sait que les millions de dirhams d’argent public ne seront pas éternellement au rendez-vous pour les soutenir? À moins qu’un plan gouvernemental audacieux de relance économique ne réussisse à les remettre à flot.

Et surtout les accompagner pour qu’elles ne soient pas obligées, pour survivre, de recourir à des licenciements massifs de personnel ou autres formes de suppressions d’emplois. Suppressions qui viendront s’ajouter aux centaines de milliers de chômeurs. Si l’Etat s’est engagé, jusqu’ici, à leur faciliter les prêts garantis, il n’en reste pas moins qu’il ne pourra pas sauver tout le monde.


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